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  • Denis Mourizard

Médicamenteux

” Que ton aliment soit ta seule médecine ! ”

Hippocrate ; La loi, XIII - IVe s. av. J.-C.

” Premièrement ne pas nuire. ”

Hippocrate ; 410. av. J.-C.


Il ne peut y avoir de guérison sans action, nul ne pourrait s’aventurer à le contester. Lorsqu’une action est requise en vue d’une guérison, il s’agit bien du fait que la maladie en est la raison. La raison nous conduit alors à anticiper les conséquences de la maladie, dont la plus dramatique est la mort. De cette mort dont chaque humain a peur, ne dépend finalement que la vie; et la façon dont on en prend soin est en quelque sorte l’aimant qui soit éloigne la mort, soit l’attire.


Actuellement en pleine tragédie du COVID-19, nous assistons à ce que le professeur Raoult appelle le scandale du siècle. Le reclassement d'un médicament appelé Chloroquine, et ce quelques semaines avant l'annonce de la pandémie en France pose question. Comment un médicament vendu librement pendant plus de 50 ans peut se retrouver du jour au lendemain suspecté de tous les effets secondaires de la création ? Comment peut-il être jugé toxique alors qu'il a été prescrit des milliards de fois avec, je le rappelle, une vente libre ? Le Monde et l'industrie du médicament est prêt à tout pour faire fructifier les avoirs, et c'est de cela dont je souhaitais vous parler ici.


S’adressant à tous, Hippocrate nous dit « Que ton aliment soit ta seule médecine ! ». Entend-il par cette phrase nous faire adhérer à l’idée que la nourriture est un médicament ? Un médicament ce n’est pas cela, un médicament c’est une capsule, une gélule, un sirop ou un quelconque procédé pharmaceutique. D’ailleurs, les médicaments n’existaient pas quatre siècles avant J.C, ils sont une création moderne de l’homme, l’une de ses plus grandes réussites : la médecine allopathique. J’en veux pour preuve que l’homéopathie n’est pas remboursée dans notre système moderne de prise en charge de la guérison assistée. L’homéopathie n’est pas active, et ne parvient pas à prouver qu’elle est efficace, selon les critères de ses détracteurs. Non, un médicament est bel et bien une substance chimique, la plupart du temps issue d’un procédé actif obtenu à partir de plantes naturelles, et dont le résultat est clairement visible. Le médicament a été inventé par la médecine moderne, et pas par un médecin mort il y a plus de vingt siècles. Na !

Pourtant, dans notre citation, non seulement l’auteur emploi le mot médecine, mais il y associe l’aliment. L’aliment étant ce que l’on met dans la bouche, végétal ou animal, il sous entend bien que ce que l’on consomme de naturel guérit le corps. D’ailleurs, soulignons qu’Hippocrate n’a jamais dit : « Que ton aliment soit ton seul médicament ! » comme on peut le lire sur le web de la part de certains esprits tout aussi monolithiques que ceux qui défendent le médicament avec leurs oeillères. Le lecteur n’a peut être pas encore tout à fait perçu là où je désirais en venir, et j’avoue que le problème est bien entendu complexe, mais que chacun se rassure, nous arriverons bien au terme souhaité par l’auteur : sortir du champ restrictif des oeillères.


Le médicament serait cette capsule miraculeuse qui élimine la maladie. La substance qu’il contient, le fameux procédé actif, viendrait guérir ce qui ne va pas. Qui pourrait le nier ? Pas moi, en tout cas. Je ne peux renier le fait que la nature nous a donné tout ce dont nous avions besoin pour être en bonne santé, et que l’on retire des plantes leur procédé actif et bienfaisant me parait bien évidemment une réalité bénéfique. D’ailleurs, cela fait plus de 5000 ans que l’Ayurveda explique à l’horizontal comme à la verticale, les bienfaits des plantes sur le corps humain. Hippocrate n’a rien inventé en écrivant « Que ton aliment soit ta seule médecine ! », il a transmis une connaissance bien plus ancienne que lui. Je ne réfute donc pas l’idée qu’un médicament allopathique puisse être efficace, mais il n’a rien inventé non plus. La médecine allopathique a seulement densifié des molécules qu’elle a reproduites dans des composés devenus chimiques et non plus naturels, dont la vocation est de combattre et non plus de soutenir. Là se pose la principale donnée qui oppose aujourd’hui deux visions de la médecine.


Selon Samuel Hahnemann, à qui l’on attribue la définition de l’allopathie :

[l’allopathie consiste à combattre des symptômes en absorbant des substances allant contre les causes de la maladie ou contre les symptômes.] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Allopathie


J’attire l’attention sur un seul mot : ou. Il est important, car si le médicament dont il est question ici se contente de combattre les symptômes sans s’attaquer réellement à la cause, il sort également d’un précepte de base de la médecine qui est également donnée par Hippocrate : « Premièrement ne pas nuire. ». Concrètement, si le médicament fait disparaître le symptôme sans en retirer la cause, il se contente de mentir à celui qui l’absorbe. Le médicament ment, puisqu’il ne guérit pas, il masque, il cache en se contentant d’apaiser. En contradiction avec cette vision acceptée par la science (le médicament qui cache est bien en vente, donc passé par les processus de validation scientifiques…), l’Ayurveda annonce en premier lieu rechercher la cause du symptôme et non pas le combattre, mais aider le corps à l’éliminer. Il faut pour cela le comprendre le symptôme, et en définir la cause. Là est l’art du médecin, avant tout.


Il se trouve que ce sujet est sujet à de nombreux débats, souvent délétères, car à ne pas aller dans le sens de la majorité, il faut se taire. Que veux donc le système accepté par la majorité ? Que l’on consomme du médicament, et en cela la France n’est pas la dernière (38,3 mds consommés en 2015, dont 90% en ville*).

https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/fiche14-6.pdf


Le système veut aussi limiter les autres formes thérapeutiques, plus douce. J’ai cité l’Ayurveda, mais aussi l’homéopathie, je pourrais ajouter les médecines par les plantes, qu’elles soient chinoises, chamaniques, ou autres. Tout comme il est interdit en Europe de vendre ses propres graines non issues d’un catalogue Monsanto ou autre, il est interdit de vendre des herbes médicinales. L’herboristerie est un métier d’avenir dit-on, mais interdit à ce jour. Bien que cela puisse gêner, je me dois de préciser ici qu’au moyen âge était passés au bûcher les sorcières et les médecins accusés de magie, qui pratiquaient tous l’herboristerie, donc la connaissance ancestrale de la médecine. On fabrique donc des médicaments à base de principes actifs de plantes chimiquement recomposés, mais on interdit la vente des herbes naturelles. Il est vrai que cela peut sembler logique à certains, mais pas à tout le Monde. Qu’un collectif de plus de 2000 médecins se crée pour interdire l’homéopathie conduise l’ordre des médecins à prendre position contre elle n’est pas surprenant :

http://sante.lefigaro.fr/article/l-ordre-des-medecins-prend-position-contre-l-homeopathie/

Que plus de 5000 médecins en France prescrivent de l’homéopathie avec des résultats individuels évidents ne semble pas gêner ceux qui prônent l’interdiction. Dans le pays des interdits, la liberté n’a plus de sens. Je pose d’ailleurs une question : est-il interdit en France, quand on est un laboratoire pharmaceutique, de faire des cadeaux aux médecins qui prescrivent le médicament ?


https://www.capital.fr/economie-politique/les-laboratoires-pharmaceutiques-qui-arrosent-le-plus-les-medecins-et-les-medecins-les-plus-arroses-1020396


Il y a bien entendu les règles du marché, car il s’agit bien d’un marché, comme celui du smartphone, celui de la voiture, ou celui de l’amaigrissement. Néanmoins, il reste que la médecine est un domaine bien particulier, régit par un code censé protéger la vie du patient. Il ne faut pas faire n’importe quoi, d’où l’engagement pris par chaque médecin et qui inclue, rappelons-le, le fameux « Premièrement ne pas nuire », de l’ancêtre Hippocrate pour qui la performance n’était point au programme :


https://blogs.mediapart.fr/lorient-express/blog/190117/paiement-la-performance-votre-medecin-est-il-incorruptible-ou-dupe


Bien que les fondements de ces primes attribuées aux médecins puissent se comprendre, sans chercher bien loin, des médecins s’y opposent, et argumentent leur opposition. Ce sera par ici :


http://www.les-medecins-qui-refusent-la-prime-secu.org


Sur ce marché de la médecine, la pharmacologie est encadrée par la loi. Selon l’AMM (Agence Nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) : « Le développement d’un médicament, de la molécule à sa commercialisation, nécessite dix à quinze ans de recherche.

Ces travaux, tests précliniques, essais cliniques et de développement industriel, sont strictement encadrés par la loi. Les essais cliniques nécessitent une autorisation délivrée par l’ANSM. L'ANSM vérifie :

  • les lieux de leur réalisation

  • les modalités des tests de tolérance, effectués sur des sujets volontaires non malades, puis sur un nombre restreint de malades et sur des centaines de malades voire des milliers. ».


Est également spécifié : « Une fois commercialisé, le médicament reste sous surveillance. Ainsi, le rapport bénéfices/risques du produit est évalué en permanence pour prendre la mesure des effets indésirables connus ou nouvellement identifiés. En cas de risque pour la santé, un médicament peut se voir appliquer une décision de police sanitaire prenant la forme d’une restriction ou d’une modification des indications. Le médicament peut également faire l’objet d’un retrait du marché. ».


Source :

https://www.ansm.sante.fr/Activites/Autorisations-de-Mise-sur-le-Marche-AMM/L-AMM-et-le-parcours-du-medicament/(offset)/0


En 2018, la liste des médicaments retirés du marché à été mis à jour par la revue Prescrire. Elle compte 90 médicaments retirés, dont 79 en France. Parmi eux le Diantalvic et assimilés dont ont été vendus plus de 70 millions de boites, pour un total de 240 millions de jours de traitement. Sur l’article auquel je me réfère est écrit :

« Mais après 45 années de "large" distribution, l'efficacité de l'association Dextropropoxyphène/paracétamol n'a été que très peu évaluée par les chercheurs ou les laboratoires qui la commercialisent. »

Source : http://www.doctissimo.fr/html/medicaments/articles/13638-retrait-di-antalvic.htm


Liste des médicaments retirés du marché en 2018 :

http://www.psychomedia.qc.ca/medicaments/2018-01-25/liste-2018-90-medicaments-plus-dangereux-qu-utiles-avis-prescrire


90 médicaments sur des milliers ne font pas généralité, nous sommes bien d’accord. Pourtant, à chaque nouveau scandale, ce sont des milliers de personnes qui sont touchées, en France. Médiator, Lévothyrox, et bien d’autres sont encore en nos mémoires. Le Distilbène quand à lui aurait été estimé porter préjudice à trois générations successives. Nous sommes très loin de simples erreurs sans conséquences…


N’étant pas médecin moi-même, je n’aurais pas l’outrecuidance de sermonner. Je m’interroge sur les raisons qui font que nous sommes face à de telles situations face à la maladie. Je me dis que si Hippocrate est présent dans l’engagement de chaque médecin, ou de chaque pharmacien, c’est qu’il doit bien y avoir une raison qui fait fondation à tout cela. Selon Hippocrate, il est de la responsabilité du médecin de traiter non pas une maladie, mais un individu devenu malade en raison d’une maladie. Il s’efforçait de traiter un corps dans son entièreté, et pas uniquement une partie du corps. C’est cette approche globale de l’être humain qui est caractérisée par l’adjectif holistique, pour médecine holistique. Car l’être humain est bien conscient d’être dans un corps dans lequel résident trois autres consciences : intellectuelle, émotionnelle, et spirituelle. Pour déterminer sa médecine, Hippocrate considérait que la nature possède en elle-même toutes les forces de guérison, pour peu qu’on lui en permette l’accès. Le rôle principal du médecin, selon celui qui fait fondation du serment d’Hippocrate, est donc d’aider la nature à faire son travail plutôt que de la diriger arbitrairement. Le rôle du médecin est donc d’aider le malade à rendre à son corps, le pouvoir de se guérir lui-même. Cela suppose alors de s’intéresser aux émotions, de revoir ses concepts mentaux, de peut-être accepter de voir les choses autrement, pour retrouver l’énergie de mettre en oeuvre un retour à l’état naturel du corps. Cela ne suppose pas de rejeter totalement la médecine allopathique, ni même de l’interdire, comme elle voudrait elle-même interdire la médecine holistique. Cela suppose de se ré-approprier son droit immuable à choisir ce qui est bon pour Soi, et à rejeter, par contre, tout ce qui est imposé. Il va de soit que l’organe mort doit être retiré, tout en prenant des mesures pour pallier, plus tard, à son absence. Il va de soit que le membre ou la partie du corps abimée par un accident doit être réparée, et en cela il n’y a pas à renier le haut savoir médical moderne. À ce savoir chacun doit y avoir accès, sans distinction de moyen. La médecine holistique est le bras droit de la médecine allopathique, et les deux peuvent fonctionner ensemble. Je connais personnellement un chirurgien français, devenu spécialiste de la médecine chinoise et qui aujourd’hui enseigne en Chine, à des médecins chinois, sa vision de l’acupuncture. Une vision qu’il dit harmonisée, car complétée de savoirs occidentaux, et manifestement utiles aux asiatiques.


Il existe depuis que l’homme est homme, des savoirs et des connaissances qui se sont de tous temps passé des connaissances modernes, et qui savaient soigner humains, plantes et animaux. Quand on dit que nous n’avons jamais vécu aussi vieux, je l’admet sur le plan de la moyenne d’âge. Je pense néanmoins que cet argument, lorsqu’il ne sert qu’à décrédibiliser les savoirs anciens, exclu un peu vite certaines réalités. Que l’on admette que nos sociétés modernes permettent de vivre en moyenne plus vieux est juste. Nous vivons des vies moins usantes, nous ne sommes pas en guerre, nous ne vivons pas dehors, nous avons appris à juguler certaines maladies. J’ajoute que prendre pour exemple l’espérance de vie moyenâgeuse est profondément hypocrite, tant la peste, due à la saleté de sociétés découvrant l’hyper densité des villes, a engendré de morts. Une mortalité à laquelle s’ajoutaient les guerres, les exécutions, la famine et aussi toutes les maladies dont on mourrait par manque de connaissances… L’âge moyen n’est pas un argument qui permet d’accorder tout crédit à la médecine médicamenteuse. Il suffit de regarder l’espérance de vie au Nigéria : 54,5 ans. En 2018, le Nigéria a reçu un bien triste titre : celui de la capitale Mondiale de l’extrême pauvreté. La santé du corps dépend d’un grand nombre de choses, et notamment de la qualité de la vie, et non pas du confort. Ne pas avoir froid, avoir de quoi manger pour nourrir et soigner son corps en font partie. Retrouver nos connaissances anciennes permettrait peut-être de ne plus confier aussi souvent nos corps à des molécules chimiques (à un point tel que les autorités françaises ont même du faire campagne pour limiter la prise des antibiotiques). Si nous vivons plus vieux aujourd’hui qu’avant, on peut admirer certains anciens bien plus anciens que le Moyen âge, comme Platon, mort à l’âge de 79 ans, Hippocrate mort à 83 ans, et Pythagore mort à 85 ans… Ils étaient tous en leur temps d’éminents savants, qui avaient pour le moins que l’on puisse dire, certaines connaissances.


Faire de ce sujet un champ de bataille n’est pas mon but ici. Il est des cas où le médicament est utile, et nécessaire, voire urgent. Lorsque c’est le cas, il a sa place. Il est par contre de nombreux cas où sa prise est pensée nécessaire alors qu’elle n’est que confortable. Elle a pris la place d’une hygiène de vie qui inclue une nourriture saine exempte de tous ces produits chimiques et sans vie que l’industrie alimentaire nous mitonne à la tonne. La médication est devenue le remède miracle contre tous les maux, y compris les maux qui ne sont pas dans le physique : les émotions et les pensées. La médecine chinoise, comme l’Ayurveda, est une médecine holistique, globale de l’être. Ces médecines incluent l’énergie du corps, mais aussi l’énergie des pensées ou des émotions. En Chine, il est de tradition de rendre visite à son médecin au moins quatre fois par an, à chaque changement de saison. Cette tradition s’appuie sur les changements de saison, où à chaque fois l’aliment change, et donc le corps change. Il faut réactualiser, ré-harmoniser le corps avec la terre qui le nourrit par un rééquilibrage énergétique. En Inde, on fait attention à ce que l’on mange, en fonction des saisons, mais également en fonction de la nature de chacun. Certains doivent manger plutôt de tel ou tel aliment en fonction de leur composition (dosha) : Vata (ether et air), Pitta (feu et eau) ou Kapha (terre et eau). Nous retrouvons là la même fondation que notre citation initiale d’Hippocrate : « Que ton aliment soit ta seule médecine ! ». En retrouvant une nourriture naturelle, saine et adaptée à sa constitution, le corps retrouve la santé et augmente son énergie. En adoptant également une bonne hygiène mentale, ce qui sous-entend de se comprendre, d’analyser ses peurs et ses troubles intérieurs, on relance le cycle vertueux de l’énergie positive de vie. Bien que cela puisse paraître très éloigné des croyances occidentales fortement accrochées à la médication, cette approche médicinale que l’on dit asiatique était aussi celle que prônait le père de la médecine occidentale : Hippocrate.

C’est un peu là, le serpent qui se mord la queue…


La liberté de l’individu est inaliénable. Ce qui est mis dans le corps ne peut l’être que pleinement accepté, et en consciences, par celui qui l’habite pleinement. Il est juste que le médecin défende sa légitimité à prescrire. Est-il tout aussi juste que le patient se trouve aujourd’hui contraint par la loi de recevoir en son corps des molécules chimiques, sous formes de vaccins, avec une prime à l’appuis pour les médecins qui jouent le jeu ? Est-il juste d’être privé de son droit à Soi ? Est-il juste qu'un médicament puisse créer autant de dégâts pendant 45 longues années avant d'être retiré "du marché" ?Selon Hippocrate, et dans le sermon que nous connaissons, il y a bien écrit : « Premièrement ne pas nuire. Primum non nocere. »


Cela commence par Soi, pour soi, et cela s’étend à tous, pour tous, et collectivement !

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