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  • Denis Mourizard

Le pouvoir

Mis à jour : sept. 17

En guise d'introduction, je voudrais lancer un jeu. PouVoir, deux lettres en gras, PV, procès verbal... Deux lettres aisément remplaçables, par deux autres lettres : M et R. Sur le simple plan de la sonorité des mots, pouvoir et mouroir s'unissent dans une réalité désormais vécue et ressentie par beaucoup d'entre-nous. Rien de ce qui suit ne saurait concerner ceux qui ont accompli en eux l’oeuvre de reconnaissance de l’autre, qu’il soit d’ici, ici, d’ailleurs, ici, ou d’ici, ailleurs. Que ceux dont le coeur commence à battre sous les coups du mental s’apaisent. Ils ressortiront de cette lecture comme ils y sont entrés. Je les rassure, leur esprit est grand, et plus grande est l’éponge, plus elle est capable d’éponger.


Il est parfois des choses qui sont dites sans que l’on en comprenne le véritable sens. Permettez-moi donc de commencer par m’interroger sur cette étrange réaction qui consiste alors à rejeter la chose incomprise. De tout temps l’homme a principalement fonctionné ainsi, en rejetant l’inconnu. Ce ne fut pas une question de savoir, puisque, quel que soit ce dernier, la chose inconnue a toujours été rejetée. Ce n’est qu’une question de quantité de choses rejetées finalement. L’homme peu cultivé rejette beaucoup de choses, et l’homme cultivé en rejette encore plus. Seul le dit "faible d’esprit" qui sait se dire qu’il ne sait rien semble généralement s’ouvrir à tout.


De nos médecins à nos chercheurs, de nos scientifiques à nos érudits religieux, tout ce qui n’est pas connu est systématiquement rangé dans des cases. L’homme a dressé les murs de sa prison intellectuelle, celle-là même qui est la seule à pouvoir s’expanser pour le plus grand bénéfice de l’humanité. Il me semble véritablement curieux, et mon coeur n’a jamais cessé de l’être, curieux, que l’homme éduque son fils dans cette forme de limitation bordée par des savoirs qui rejettent systématiquement tout ce qu’ils n’ont pas pu expliquer. Dans des temps désormais reculés, et encore de nos jours, des hommes périssent sous la punition de ceux qui savent, alors qu’ils ne cherchaient qu’à les sauver… Il fut même un temps où ceux qui osaient utiliser un savoir non accepté par les savants, ou qui seulement pensaient différemment des hommes de pouvoir étaient brûlés, un temps que notre temps a malheureusement oublié. Lorsque ceux qui savent deviennent les savants, leur coeur semble se refermer sur eux-mêmes, ainsi que tous ceux qui les entourent. Pourtant, toi qui lis ce texte, peut-être as-tu connu l’inconnu dans ta vie… Peut-être même as-tu joué avec cet inconnu. Lorsque tu t’amusais à rouler sur ton vélo, tu utilisais déjà l’inertie des roues et la puissance motrice de deux forces pourtant opposées, mais complémentaires dans les pédales…


Lorsque dans ton bain tu faisais flotter ton petit bateau, tu n’avais nullement besoin d’avoir lu et compris le grand Archimède pour savoir que l’air contenu dans le petit bateau était porté par l’eau. Non, enfant tu ne savais pas, et pourtant tu savais… Alors en ces temps reculés pour toi et qui pourtant ne sont que dans le temps actuel qui est le tien, tu n’affichais pas la prétention du savant. Tu manifestais la joie de l’enfant dans la puissance de sa créativité de l’être en éveil. Qu’en est-il devenu de cet enfant ? Il a appris, puis il a su. Lorsqu’il sut, il ne crut plus qu’autre chose pouvait être possible. Une fois le diplôme accroché au mur, il reçut la poussière qui s’accumula sur un savoir désormais figé. C’est ainsi que nombre de grands savoirs ont été perdus. C’est ainsi que certains de nos plus grands savants se sont perdus eux-mêmes dans les dédales de nos prisons scientifiques qui conduisent les pensées créatrices à l’endormissement le plus total. J’ai la conscience du poids des mots ici écrits, mais ils me viennent avec le coeur. Je ne peux faire autrement qu’exprimer mon grand désarroi face à la déroute qui est en nous. Nos bâtisseurs d’aujourd’hui ne sauraient même plus reproduire certains chefs-d’œuvre dont l’âge ne peut même plus être prouvé par notre science. Nos médecins d’aujourd’hui ne sauraient même plus soigner avec la plus élémentaire des médecines, celle promue par les fondateurs mêmes de la médecine. Ces hommes n’en sont pas pour autant à lapider, ils font ce qu’ils ont appris. Certains admettent que leurs limites sont devenues un carcan, d’autres préfèrent affirmer que tout ce qu’ils ont oublié n’est que tromperie. Chacun choisit le vin qu’il boit. Les sociétés de ce Monde ont créé l’impensable. Aucune autre espèce sur notre planète n’est allée aussi loin dans le développement de la matière et du mental. Aucune autre espèce de notre Monde n’a su manipuler, modifier, ou manufacturer la matière comme nous l’avons fait. Aucune autre espèce n’est allée aussi loin dans le développement du mental, et des calculs sous toutes ses formes. L’humain est un dieu pour toutes les autres espèces sur ce plan seulement intellectuel, et égotique. Dans le même temps où l’homme devenait un dieu pour l’animal, qu’a-t-il fait de ses propres dieux ? Il les a mis dans des maisons. Une maison pour tel dieu, une maison pour tel autre. Il a construit des villes à l’image de ses dieux, avec pour chacun une maison dans la ville. Puis après une ville il en construisit d’autres, avec autant de maisons pour chaque dieu que le Monde comptait de villes. Cela faisait beaucoup de maisons, alors un jour l’homme a décidé qu’il n’y avait plus qu’un seul dieu. Il ne fit alors plus qu’une maison par ville pour le dieu unique, et créa des maisons plus petites en écho pour les plus grandes villes. Cela faisait toujours beaucoup de maisons pour un seul dieu. Puis un jour l’homme conserva les maisons, car elles reflétaient un savoir-faire qui était perdu, et oublia tous ses dieux. Que se rassurent ceux qui dans l’instant sentent battre dans leur poitrine le tambour de la guerre. Il est de bon aloi en ces temps de prôner la séparation des sociétés et des religions. Je ne saurais parler des religions, ne voyant en elles que le miroir des sociétés qui disent s’en être séparées.


Car de tout temps l’humanité ne s’est développée que de façon incomplète et non unifiée. Elle n’a su faire cohabiter en l’homme la matière, l’esprit et la spiritualité. La raison à cela a toujours été le pouvoir, et le pouvoir est une fois de plus en cette fin des temps la source de la discorde au sein d’une humanité qui n’arrive plus à subvenir à ses besoins. Les pouvoirs ne peuvent exister sans concentrer sur eux-mêmes l’attention et l’énergie des peuples sur eux-mêmes. Nous retrouvons le pouvoir dans tout ce qui fait notre humanité, des régions les plus pauvres aux régions les plus riches, dans toutes les couches de la société. Il est partout, tout le temps. Depuis que notre humanité est ce qu’elle est, et peu importe par où est passée son évolution, les pouvoirs ont systématiquement construit, puis détruit les plus grands développements. De nos jours, les pouvoirs se cachent même à eux-mêmes, et surtout à nous. Il est évident que le pouvoir est assimilé à ce que nous pensons être la « structure » de nos sociétés. Les pouvoirs sont ce qui nous protège, pensons-nous, et cela pourrait être juste. Ils nous protègent des invasions du passé, des maladies du futur, des risques créés par eux-mêmes… En vérité, qui ne voudrait pas le pouvoir ? Même les religieux sont structurés selon les règles écrasantes du pouvoir. Preuve en est la restriction des libertés dans les sites mêmes que nous appelons les maisons de Dieu. Rares sont celles où le pieu des ouailles peut accéder en tous endroits ! Le pouvoir naît dans le coeur de l’homme dès sa plus tendre enfance, et la cour des écoles en est le lieu de la manifestation. Fut un temps où cela n’était pas ainsi, mais ce n’est qu’un autre temps où les hommes ne semblaient pas aussi évolués que nous pensons l’être aujourd’hui. Ce pouvoir a été voulu pour l’homme, et donné à l’homme. Il lui a été tout d’abord donné sans les armes, car à la sagesse il n’est nul besoin d’aucune arme. Les sages avaient le pouvoir en d’autres temps. À eux étaient remis le pouvoir de l’évolution du collectif, d’eux sont nés les grands rois, hauts dignitaires du service aux peuples. Je souhaiterais porter notre attention sur la nature même du mot que j’emploie pour décrire les plus grands maux de notre siècle depuis quelques instants : le mot pouvoir. Le pouvoir n’a-t-il pas vocation à permettre ? Ne dites-vous pas « je PEUX » ? Pouvoir faire n’implique pas de richesse matérielle comme notre société tend à le penser, et de façon catégorique et exclusive. D’ailleurs, je PEUX faire avec peu a bien été le quotidien de ceux qui ont fondé notre propre civilisation ? Je me trompe ? Ceux que nous considérons bien souvent comme des peuples bien moins avancés que les nôtres ont bien fondé les sociétés, les villes, les temples, et bâti des oeuvres qui ont traversé les siècles ou les millénaires ? Ils ont fait cela avec bien peu de choses, il me semble. Il n’est qu’à regarder combien coûte une de nos maisons actuelles, surtout celles qui sont remplies de cette électronique qui piège nos vies jusqu’à les dématérialiser, et qui dans un siècle seront toutes devenues obsolètes… Combien d’années de travail coûte cette maison ? Combien d’argent ? Il fut un temps où la maison était faite de pierres, ou de glaise. Celle construite en pierres durait, des siècles. Celle construite en glaise durait des années, mais rendait à la terre ce que la terre avait donné pour sa construction. En s’attribuant le pouvoir, certains hommes ont transformé la capacité du mot en calamité du sot. Quelle étrange similitude entre les deux mots POUVOIR et VOULOIR. Ceux qui le détiennent ne le veulent-ils pas ? Là est le piège ! Celui qui veut le pouvoir jusqu’au point de ne rien faire d’autre de sa vie que chercher à le gagner, comment peut-il prétendre aider son peuple à progresser ? Il y a dans ceux qui lisent ces mots des générations entières. Certains ont connu 4 hommes à la tête de leur nation, d’autres 8 ou 10, et d’autres bien plus encore. Les yeux dans les yeux, et la tête dans le coeur, qui peut dire que grâce à l’un d’entre eux la misère a régressé sur le territoire et dans le Monde ? Y a-t-il moins de guerres, ou plus du tout ? Y a-t-il moins de pauvres, ou plus du tout ? Rien n’est facile il est vrai. Les animaux de la jungle vivent une vie bien difficile dans la nature, car la nature est complexe, et celle de l’homme bien plus encore. Dans la jungle du pouvoir, la vie est dure. Nombreux sont ceux d’entre nous qui ont souhaité s’investir corps et âme dans une carrière politique, pensant que ce domaine était celui du véritable pouvoir de la réalisation et du changement pour les peuples. Pourquoi donc ceux dont le coeur est pur n’entrent jamais dans les temples du pouvoir ? Pourquoi restent-ils des années durant aux portes des urnes ? Peut-être parce que la lumière qui est en eux n’est pas compatible avec un quelconque objet en rapport avec les cendres, de nos sociétés en feu. Qui veut faire de la politique pour faire changer les choses ne peut exister en politique, et ceux qui y parviennent sous l’étendard de slogans aussi vides que mensongers cherchaient en vérité autre chose de bien plus simple : ils ne désiraient point donner au peuple le pouvoir de changer son avenir, mais seulement le pouvoir de changer le peuple pour leur propre avenir. Peut-être voyez-vous en nos hommes politiques les grands hommes que nous avons suivis dans le passé ? Ceux-là que nous appelions des guides, ou des sages. Ceux-là vivaient comme les peuples, au sein des peuples. Ceux-là vouaient leur existence à la connaissance, dans le seul but de servir. Ils servaient une vie entière. Le verbe est magique, car il n’est que nuances, subtiles, mais parfois tranchantes. Ainsi l’espace est faible entre la notion de peuple servi et celle de peuple asservi. Par le passé, le guérisseur qui ne guérissait plus se retirait de lui-même. De nos jours il y a les assurances. Par le passé le sage qui n’avait plus l’étincelle laissait sa place. De nos jours il y a le calendrier électoral. Par le passé il y avait la place publique. De nos jours il y a l’isoloir.

Terminons ici cette épître politique par quelques circonvolutions. De la politique ont pu naître certaines évolutions, mais bien souvent, la politique a conduit aux révolutions. Nombreux sont ceux de nos jours à crier à la révolution des peuples. Entendez-ici le véritable pouvoir de notre langage, celui qui construit et solidifie, celui qui ancre les expériences du passé dans la réalité du présent. La révolution est bien le contraire de l’évolution, même si certains s’en dénient. Nos planètes tournant autour du soleil décrivent une révolution. Leur soleil avançant dans l’univers y évolue. L’un ne va pas sans l’autre pourrait-on dire, et cela n’est pas totalement faux. Toute chose engendrant son contraire, de saines révolutions engendrent de sordides évolutions, et inversement. Il ne peut y avoir de changements vers plus de paix et de justice, sans une mise en oeuvre de ces deux valeurs. Toute révolution engendrant la colère et l’injustice ne peut conduire qu’à plus de colère et d’injustice. Cela a toujours été, et toujours sera. Comme un dôme posé sur la conscience des hommes, la célèbre phrase « l’union fait la force » a lentement aveuglé les coeurs. Il ne peut y avoir d’amour sans justice. Il ne peut y avoir de justice sans équilibre. Ce qui équilibre les justes, c’est l’amour. D’aucuns diraient hilares : « Que l’amour vient donc faire ici ? ». Apporter la paix, et la politique n’y fait pas exception. Dans l’histoire du Monde, les peuples ont donné le pouvoir à leurs élites pour être servis par leurs élites, défendus et protégés. Les paysans donnaient au roi une part de leur récolte pour qu’elle soit stockée et redistribuée en cas de mauvaise récolte. Dans notre temps, les peuples donnent à leurs élites leur propre pouvoir, et se mettent au service de leurs élites. Que devient celui dont le pouvoir a été retiré par l’isolement ? Un être isolé, et faible, qui ne croit plus exister que par la guerre des urnes. Il n’est qu’à voir les périodes électorales, génératrices de guerres des maux entre egos (ou guerre des mots entre égaux). Il suffirait simplement d’inverser les polarités, sans haine ni colère. Retirer le pouvoir à ceux qui l’ont annexé. Isoler ceux qui ont isolé, sans pour autant mentir à ceux qui ont menti. Il existe une différence notable entre un peuple et un collectif. Un peuple est fait de multiples nuances dont chacune défend ses propres valeurs. Un collectif est fait de valeurs communes, et simples, comme la vérité. Parce que la vie est aussi simple qu’un enfant qui grandit en jouant à devenir un adulte qui s’amuse en travaillant, changer est aussi simple qu’un adulte qui sait dire la vérité.

Que celui qui veut le pouvoir le dise, et que celui qui ne le veut pas le dise aussi. Cela ne fait pas du second le second du premier, car contrairement à certaines idées reçues, c’est bien le second de cordée qui peut sauver le premier qui chuterait. C’est aussi tous les membres de la cordée qui peuvent faire chuter le premier, et en aucune façon le premier qui tire la cordée toute entière.

Qu’un aveugle conduise un autre aveugle, et tous deux tomberont à la fosse.

Être en vérité à la face de soi-même ouvre les yeux à la vérité qui est à la face de soi. Ainsi se révèlent sous nos yeux les mensonges de ceux qui veulent asservir en promettant de servir, et de ceux qui disent rendre le pouvoir alors qu’ils ne veulent en vérité que le prendre.

Qu’adviendra-t-il si les peuples tentent de s’unir en collectif ? Il y aura ceux qui croient en eux et en la vérité qui brûle en eux, cette vérité que nous nommons conviction. Il y aura ceux qui ne croient plus, et qui préfèrent brûler la vérité des autres plutôt que d’allumer le feu de leur conscience. Nous voyons cela se propager comme une trainée de poudre en ce temps. Aussi je souhaiterais exprimer quelques pensées sur le sujet.


Il y eut par le passé un grand nombre d’hommes passés par les armes pour ce qui fut appelé l’objection de conscience. À refuser de tuer, ils furent tués. L’évolution des consciences aidant, avec le temps ces objecteurs de conscience ont connu le cachot et conservé la vie. J’ajouterai que l’objection de conscience pouvait seulement consister en un refus de porter les armes… On enfermait donc des hommes qui refusaient la seule idée de se battre, comme on enferme encore aujourd’hui des personnes qui refusent les dictatures, de toutes formes, fussent-elles cachées.


Il grandit aujourd’hui un mouvement de personnes qui se nomment elles-mêmes des « éveilleurs de consciences ». Arrêtons-nous un instant sur le mécanisme qui se met en place et qui se nomme l’ego : ego de celui qui se prétend « capable » d’éveiller la conscience de l’autre, mais également ego de celui qui prétend n’avoir de leçon à recevoir de personne. Nous pourrions ajouter un troisième ego en celui qui sans rien dire va se servir des deux autres… toujours. Il s’agit là du plus malin des trois, et nous allons le voir.


Ces éveilleurs de conscience comme ils se disent ont tous un même point commun : celui de se sentir de plus en plus mal dans un système qu’ils ne voient pas changer, et qui refuse obstinément de leur laisser vivre la vie qu’ils désireraient vivre. Cela ne va souvent pas plus loin que le seul besoin de liberté, que la majorité accepte de se voir retirer centimètre après centimètre. Ces personnes se mettent alors à chercher une vérité derrière tout ce qui leur paraît être mensonge. Nous pouvons donc reconnaitre là une noble attitude, tant qu’elle reste personnelle. Constatons qu’une fois que la personne a trouvé sa vérité, et donc son besoin de liberté (cette liberté pouvant être encadrée de façon juste par une société juste), elle se met à chercher la vérité à l’extérieur d’elle-même. Qui peut donc prétendre s’opposer à cela ?


Vient ensuite le moment tant attendu par ces chercheurs : la découverte. Il y a donc ceux qui vont entrer dans la colère, et animés par un feu qui est tout sauf sacré, vouloir détruire par la force, et aussi rapidement que possible, ces mensonges qui ont mis des siècles à s’installer. Ils vont donc chercher à faire basculer le pouvoir, en cherchant à imposer aux autres ce qu’ils considèrent être la vérité pour tous. Malheureusement, la seule vérité qui soit valable est celle qui l’est pour soi. C’est sur cette vérité là que se construit un collectif, lorsque deux vérités identiques se rencontrent au travers de deux êtres qui jamais ne veulent s’imposer aux autres. Seule la foi (pas cette notion religieuse qui a dénaturé le sens du mot, mais la foi en soi) permet de telles osmoses.


Je n’appellerai pas ces personnes qui veulent imposer leur sens de la vérité aux autres des éveilleurs de consciences, mais des contre-pouvoirs tout aussi avides de pouvoir que ceux qu’ils veulent chasser. La limite est sensible, et nous pourrions la nommer le voile de l’illusion.

D’autres seront conscients de ce qu’ils trouvent en cherchant. Ils trouveront des choses laides, et fausses, de choses belles, et vraies. Ils trouveront aussi des choses belles, et fausses, et des choses laides et vraies. Certaines choses vraies seront accentuées jusqu’à devenir ridicules, par ceux-là mêmes qui en sont les créateurs, ou les bénéficiaires. Elles seront donc jugées fausses, au lieu de partiellement vraies. En tout état de cause, ceux qui propageront leurs découvertes, sans jamais attenter à la liberté de conscience de l’autre, seront vus et observés. Ils deviendront également la cible de ceux qui préfèreront s’attaquer à celui qui prévient qu’à celui qui est la cause de l’information. Bien souvent, lorsqu’une information porteuse d’horreurs est relayée, elle est potentiellement fausse, et donc potentiellement vraie. La justice est symbolisée par la balance… et par l’équilibre. Un des plus grands éclaireurs de consciences que le Monde ait porté a dit : « Que celui qui n’a jamais fauté jette la première pierre. », et personne ne jeta la pierre. Qu’en est-il en ce temps ? Quelle responsabilité porte en lui celui qui attaque celui-là même qui tente de le prévenir de quelque chose de nuisible au collectif, au groupe ou à la nation ? Faut-il punir celui qui veut prévenir ? L’insulte est aussi blessante que la pierre, et les temps dits modernes sont passés maitres dans l’art de la lapidation verbale ou écrite. Il a fallu bien du temps à celui qui est allé fouiller dans les arcanes de l’information, cette chose tentaculaire et sans forme qu’est devenu le contenu du web. Celui qui s’astreint à tant de recherches le fait avec le coeur, par la force de l’amour d’une humanité en laquelle il croit. Il a suffi que quelques hommes politiques aient instillé la notion de « fake news » pour que les redresseurs de conscience entendent que tout ce qui perturbe leur conscience est forcément faux et sans fondement. C’est ainsi que se sont construites les plus grandes dictatures, par la privation des mémoires du passé, par la réduction des sources d’information, et par une intolérance grandissante qui conduit un collectif à se retrouver dans une vérité restreinte. Nous en revenons ici au cloisonnement de celui qui croit savoir, et qui réfute systématiquement ce qu’il ne sait pas et qui donc, ne saurait exister. Tout cela sous le couvert d’un complot permanent qui tout aussi puissant qu’il est, est surtout garant des choses occultes et occultées. Car il est un fait que bien des choses sont occultées, pour preuve l’incapacité d’accéder à un très grand nombre de sources ou de lieux dans ce Monde. C’est ainsi que le troisième ego dont nous parlions retire les fruits de son silence et de sa patience. Par l’affrontement des deux premiers qui refusent de s’entendre, il prend le pouvoir en jugeant les deux autres. Quand on a su pervertir le sens des mots comme cela fut fait en si peu de temps d’une humanité millénaire, on ne peut ne pas voir l’origine de cette perversion intellectuelle : le pouvoir.

En ce Monde bien des choses changent. Bien des choses changent pour le mal de tous, bien des choses changent pour le bien de tous.

Avant de laisser parler le mental ego, peut être qu’il serait bon pour l’humanité d’écouter son coeur. Le coeur peut voir la raison pour laquelle une personne connue ou inconnue nous dit quelque chose. Est-ce fondamentalement pour mon bien ? Suis-je contraint d’adhérer, ou ai-je la réelle liberté de chercher moi-même en conscience ? À l’heure où qui n’adhère pas au groupe de pouvoir devient un être à isoler du collectif, ne suis-je pas en mesure de m’intéresser aux recherches des autres, pour finalement échanger, dans l’écoute et l’intérêt de tous ? Ne suis-je pas en mesure d’être dans la raison au lieu d’avoir raison ? Qu’est-ce qui est le plus important ? Être dans la maison louée et protégée par elle, ou avoir la maison et l’asservissement de son endettement ? Louée soit la raison, car elle seule est garante de l’équilibre et de la justice. La raison n’a pas besoin du pouvoir pour permettre le bonheur.


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