Rechercher
  • Denis Mourizard

Le journalisme de la honte

Je suis journaliste et détenteur de la carte de presse depuis l'année 2004. Je m'exprime donc en tant que membre encore effectif de ce que je m'apprête à commenter, ici. Je ne peux m'exclure en rien de ce que je considère être la responsabilité du journalisme, mais je m'exclue souverainement de ce qui est aujourd'hui appelé le journalisme, par les "journalistes" eux-mêmes. La situation actuelle, en France, en Europe et dans le Monde est inédite. Jamais aucun humain vivant actuellement n'a connu cela. Le monde médiatique en est partiellement responsable.

Qu'est ce qu'un journaliste ?

En tant qu'auteur, j'aime le mot. J'aime ces infinies combinaisons de lettres qui assemblées entre elles forment le langage. Qu'il s'agisse du français, l'une des langues les plus riches de la planète, ou d'une autre langue, toutes portent à la fois l'histoire et la connaissance. En tant que journaliste, il est selon mon avis, un devoir sacré que de connaître les mots, leur(s) signification(s), et leur pouvoir sur celui qui les reçoit le coeur ouvert.

JOURNALISTE

Nul ne peut manquer le mot journal, inscrit dans le mot journaliste. Le journaliste : celui qui fait le journal. Là est une interprétation très commune, que chacun entendra.

Puis il y a aussi le mot "jour", en tant que radical, complété du suffixe "naliste". Nous retrouvons ce suffixe dans le mot "analyste", à l'exception du changement de la lettre I en Y. Ces deux lettres sont différentes, mais disposent d'une prononciation parfaitement identique. L'objet de cet article n'étant pas un cour de l'histoire des lettres, revenons-en à notre sujet : il y a bien une notion d'analyste du quotidien dans le mot journaliste. Ce n'est pas tiré par les cheveux, c'est un fait dicté par le mot lui-même.


L'idée que je me suis toujours faite du métier qui était le mien, et qui n'avait rien de politique en ce qui me concerne, ni de télévisuel, est celle du média.


Qui dit média, dit médian. Médian veut simplement dire au milieu de quelque chose, et ma pensée sur le sujet est que le média est situé entre la réalité et la vérité.

Là est sa place, et nulle part ailleurs. Je ne saurais faire autrement, pour continuer mon développement, que d'aborder la notion de vérité. Il y a un impérieux et nécessaire besoin de ce que j'appelle de la spiritualité dans dans toute tentative d'approche du mot vérité. Que cela plaise ou non, la spiritualité fait partie de l'homme, et je ne parle pas du tout de religion. La spiritualité n'est pas la religion, la religion est une approche de la spiritualité. Ce n'est pas du tout pareil, alors ne faisons pas l'amalgame, de grâce. La vérité est une notion à la fois spirituelle, et philosophique. De grands auteurs, à commencer par Descartes ont approché autant qu'humainement nous puissions le faire, la notion de vérité. Ma conclusion personnelle est que la vérité n'est jamais la possession d'un être seul. La vérité est multiple, elle est contenue dans chacune des parties qui souvent s'opposent pour la détenir. Nul ne peut connaître la vérité ultime, je le crois. Ce n'est donc pas un journaliste qui peut, plus qu'un autre humain, détenir la moindre vérité.

Le journaliste a toutefois la possibilité d'explorer la réalité des choses, en d'autres termes, il peut observer et relater les faits, dans leur plus grande totalité. C'est ce faisant qu'il peut espérer créer les conditions favorables à une découverte de la vérité. Ceci étant dit, la vérité appartenant à chacun, elle ne peut être imposée à l'autre. Le journaliste qui veut imposer sa vérité, ou ce qu'il prétend de façon pédante et prétentieuse, être la vérité, est un ersatz. Il y a pourtant un lien réel entre la réalité et la vérité, un lien légitime s'il est respecté en tant que tel : le média(n), le journaliste conscient et humble dans sa condition. Le rôle du journaliste est d'explorer la réalité (le monde réel), sous tous les angles possibles, pour offrir ce qu'il a vu au Monde, sous forme d'information. Une information évoque quelque chose qui n'est pas encore formé… Nous trouvons bien le mot "informe" dans information, qui n'a pas encore de forme. L'information doit être reformée, sous forme de vérité personnelle, par la personne qui la reçoit. En aucun cas cette information doit être transformée en "formation" destinée à "formater" le mental des lecteurs, des auditeurs ou des téléspectateurs, et à leur insu. Je vous invite à lire mon article sur mon site qui développe la notion d'information.*

La réalité des journalistes

Je veux dire ici qu'actuellement certaines personnes ont contribué à jeter l'opprobre sur ce métier dont ils se targuent, mais dont ils ne portent plus les valeurs du tout. Il existe des journalistes de terrain, de véritables hommes et femmes qui ne demandent qu'à explorer la réalité des faits. Il en existe dans tous les domaines : journalistes sportifs, de nature, de loisirs, politiques, de vie locale, de guerre… Tous sont censés porter les valeurs d'un médian transmetteur de réalité. Ils sont les yeux que la majorité ne peut avoir. Beaucoup d'entre-eux ont été laminés ces dernières années, et surtout les anciennes générations qui ont été formées sur le terrain, dans les dangers de la vie, et non pas dans des écoles de journalisme. Je ne suis pas issu d'une école de journalisme, et je ne prétend pas savoir ce que je n'ai pas moi-même vécu. Il y a des règles précises pour être journaliste, et un journaliste indépendant, il faut le savoir, est une personne qui ne dispose d'aucune sécurité de l'emploi. Un journaliste détenteur d'une carte de presse peut travailler sans contrat de travail, et donc sans aucune existence légale sur le plan du droit du travail habituel. S'il est détenteur d'un contrat de travail, il sera soumis comme tout employé, à des devoirs de présence et de compétences, avec en plus le devoir de ne pas diverger de la pensée de l'entité juridique qui l'emploi. Comment donc être au milieu, en tant que vrai média(n), lorsque au tout départ la pensée de l'individu est contrôlée ? De ce fait, le salaire n'est plus uniquement versé pour le travail qui est fourni, pas plus que pour le temps de présence dans l'entreprise, mais pour la nature du contenu qui est produit. C'est un peu comme un pâtissier qui serait contraint de fabriquer des quiches salées, avec en plus l'obligation d'affirmer qu'il s'agit de gâteaux au chocolat. Bien entendu, il est important de gagner sa vie, et si les idées du journaliste vont dans le sens des idées de la rédaction, où serait le mal ? Il n'y a aucun mal à cela, si ce n'est le fait que de fait, le journaliste se range bien d'un côté, et non plus au centre.

Les pseudos journalistes

Ce que je vois depuis des années se dessiner dans notre réalité est une pousse extraordinaire. Des journalistes intègres ont été poussés vers la sortie, nous l'avons tous vu se produire dans les années Hollande, avec le "jeunisme" affirmé. Place aux jeunes ! Une autre forme de pousse s'est produite, comme une poussée de champignons : en un temps très court, et avec une étendue nationale. Les rédactions ont été transformées, les tenants de l'information ne sont même plus de véritables journalistes. J'en veux pour preuve l'élection en 2018 du nouveau PDG de l'Agence France Presse, Fabrice Fries, qui a fait carrière dans des groupes privés comme Havas ou Vivendi, et surtout ex président de Publicis Consulting. Le plus grand organe de presse, donc grand média parmi les médias, n'est pas dirigé par un homme du terrain médiatique, mais par un homme de la publicité, du business et de l'argent. Il est à noter que sur 300 millions d'euros de budget, l'AFP récolte pas moins de 120 millions de l'état. Nous le savons tous : l'avenir de tout employé ne dépend que de celui qui lui donne l'argent.


Il y a également les nouveaux journalistes de plateaux télévisions. Les étoiles parmi les étoiles. Chroniqueurs et commentateurs ne sont là que pour appuyer le scénario mis en scène par le tenant de la maison qui fait l'émission. Je n'ai besoin de citer personne, chacun voit. Ces personnes qui emploient d'importantes ressources humaines et qui brassent des centaines de milliers d'euros ne sont que le maillon final d'une chaîne, que l'on appelle une chaine de télévision. Chacun connaît les définitions d'une chaine, pas besoin de rappeler ce à quoi elle peut servir. Ces pseudos journalistes n'ont rien de journalistes. Ils ne sont ni sur le terrain, ni programmés pour donner une information de nature à être utilisée indépendamment par les téléspectateurs. Non, ils donnent une information pré-mâchée et prête à être digérée. Les techniques sont nombreuses et je ne veux les développer ici. Mon seul souhait est d'exprimer la façon dont je vois les choses en tant que journaliste, et uniquement cela. Que cela soit en matière médicale ou politique, le journaliste se doit d'être dans une neutralité totale, pour rester médian entre les différentes parties. C'est ce que bien souvent on nous fait croire, mais est-ce réellement le cas lorsque par exemple, des médias coupent l'intervention d'un président des états-unis, ou lorsque des médecins français n'ont que très rarement droit aux plateaux scénarisés ? Les animateurs, car il s'agit de cela, et en aucun cas de journalistes, ont le devoir médiatique de mettre en lumière la réalité de l'information dans sa plus grande largeur. Il ne devrait être employé aucun moyen de soumission forcée à l'idée dominante.


Le monde médiatique

Soumission forcée à l'idée dominante est un terme fort. Pour autant, je le pense réaliste, car le monde médiatique est aujourd'hui en train de sombrer dans une dictature totale de la pensée. Prenons la situation actuelle sur la Covid… Je m'autorise un léger glissement, sur ce LA qui identifie UN virus. Cela me fait penser au changement de dénomination soudain que nous avons connu il y a quelques années avec le groupe terroriste ISIS. Isis, puis Daesh, puis État Islamique… Nous avons eu le Corona Virus, puis le Covid, puis LA Covid. Tous ces changements anodins, qui finalement n'ont de sens que pour ceux qui les mettent en oeuvre, contribuent à ce que l'information devienne incompréhensible, voire même secondaire. J'en reviens au Covid 19. L'information que nous recevons du monde médiatique est étrangement loin de la position centrale qu'elle devrait avoir. D'un côté le mal, la peur, le sombre d'une situation qui pourrait faire potentiellement 400 000 morts selon le président de la République. De l'autre… RIEN. Où est le centre, si ce n'est au milieu d'une fin du Monde annoncée ? Le média n'est plus médian, surtout lorsqu'il s'attaque, comme il le fait depuis des mois, à des médecins dont il a lui même retiré toute la crédibilité, la légitimité qui a toujours été leurs ? Quand des professeurs de renom comme Raoult, Perronne, Montagné sont contredis par des "sois disant" journalistes, dans la profession et l'expertise qui est la leur, que peut-on en penser ? Comment peut-on penser que la vérité est là, sous nos yeux, alors que sous nos yeux il n'y a qu'une seule vision de la réalité, une et une seule : nous sommes en GUERRE !

Collusions

Des groupes de presse dirigés par des hommes ou des femmes issus du monde politique, publicitaire ou commercial. Des journalistes formés dans des écoles dont la visée politique est incontestable, comme par exemple l'école de journaliste de Science Po. Des journalistes de télévision qui ne sont finalement que des chefs d'entreprise voués à facturer un service public.

Tout chef d'entreprise de ce Monde est supposé gérer son entreprise en bon père de famille. Chacun de vous sait de quoi je parle, sans argent c'est la rue. Pourtant, à la vue des aides accordées par l'état à la presse écrite, on est en droit de se poser des questions sur la façon dont les dirigeants gèrent leurs entreprises. Ces aides de l'état sont considérables**, chiffrées à plusieurs centaines de millions, sous couvert de crise économique. J'ajoute que la crise de la presse ne date pas d'hier, elle remonte à l'explosion de la bulle de l'internet qui promettait de changer le Monde de l'information. La seule façon qui a été trouvée pour empêcher le rééquilibrage de l'information mondiale, fut de dresser la presse écrite en "médias de vérification", des médias qui ne sont plus "médians" depuis bien longtemps. Tout ce qui sort donc sur internet, et qui n'entre pas dans le seul clan de la pensée globale est donc systématiquement classifié dans le grand sac des "FAKE NEWS". Je vous invite à voire le lien donné en fin d'article, et à prendre le temps, amusant si vous le décidez ainsi, pour observer la nature des informations données par ces titres de presse. Vous lirez probablement la même information, venue d'où ? De l'AFP. L'AFP est comme le livre saint des journalistes actuels. Elle est devenue la bible incontestable et incontestée de la vérité, une vérité qui je vous le rappelle, est plus spirituelle que réelle. Or, chacun verra de quelle façon, sous couvert de laïcité, le conglomérat journalistique traite d'intégriste toute personne, toute religion confondue, qui parlerait de la vie au nom du livre auquel il croit. J'ajoute que je ne crois en aucun livre pour diriger ma vie. Je les pense simplement inspirants pour qui sait les lire, sans plus. Malheureusement, dans la religion comme dans le médiatique, il y a des extrémistes de la pensée religieuse. Ceux qui sont prêts à tuer pour imposer leur lecture de la vérité, qui n'est aucunement corrélée avec la réalité des faits qu'ils refusent de voir.


J'ai honte

Aujourd'hui, je suis encore journaliste, car j'écris toujours des articles. Non pas sur la politique, non pas sur la médecine, mais sur la pêche et la nature. Je gagne encore un peu ma vie de cette façon. Voilà des années que j'ai vu ma profession descendre, marche après marche, l'escalier de son honneur. Je suis moi-même passé par la machine à broyer les journalistes indépendants, trop couteux, remplaçables à souhait, à qui l'on ment sans aucune vergogne, et sans jamais se préoccuper de leur devenir. Il n'y a plus aucune compassion dans ce métier, exactement comme dans le monde politique qui le dirige et qui l'a possédé, tel un démon. J'ai honte de dire que j'ai été journaliste, et aujourd'hui je suis fier de dire que je suis devenu autre chose, et que enfin ma vie est revenue au service d'autrui. J'ai défendu ma liberté de penser tout au long de ma vie, dans un domaine qui n'avait rien de politique, et pourtant… Même dans le milieu qui était le mien, l'idéologie du politiquement correct s'est immiscée. Elle a littéralement fragmenté les gens qui tentent encore de survivre dans ce milieu et qui aujourd'hui, comme tous les autres domaines, souffrent des décisions prises par les politiques, et relayées par les médias qui n'en sont plus. Je n'ai aucun droit sur les décisions des autres, je n'ai jamais souhaité m'attribuer ce privilège. Je n'ai jamais pensé avoir ou détenir le pouvoir suprême de la vérité. Je ne me suis jamais considéré comme un Dieu de l'avenir, tel que certains hommes le pensent***. Je ne me sens pas pour autant inutile comme ils le pensent. Je ne suis pas celui qui ne pense qu'au travers de la pensée des autres. Je n'ai fais ici qu'écrire ce que je pense, en espérant ouvertement que les journalistes, les vrais médiateurs de la réalité des hommes, les réels vecteurs de l'information qui ont été jetés aux oubliettes s'investissent. J'espère en mon coeur, du plus profond de ma conscience, que ces hommes et ces femmes qui sont issus de la seule véritable école du journalisme qui soit, à savoir la vie, reprennent non pas le chemin du combat, mais celui de la vérité. Si vous lisez ce texte, et si vous le pensez utile, comme le simple témoignage de la pensée d'un journaliste qui n'a rien à voir avec ce qu'on nous explique jour et nuit, alors s'il vous plait partagez-le. Non pas pour l'auteur qui n'a que faire d'un chiffre X ou Y, mais pour qu'il soit lu, peut-être aujourd'hui ou demain, mais un autre journaliste qui se reconnaitra. À lui je veux dire que l'expression est le seul moyen d'extérioriser la pression qui est en lui, accumulée par ceux qui l'ont pressé comme un citron dans sa tête et dans sa vie, qui l'ont contraint, acculé et finalement jeté comme une serviette sale. À lui je veux dire de continuer à écrire, non plus sur les journaux papier connus et financés par la pensée dominante, mais par tout autre moyen à notre disposition. Ces moyens-là, exempts de toute forme de contrôle de la pensée, sont le seul cadeau que l'internet a fait à l'humanité, en plus de la connaissance. Parce que je sais que s'il y a des journalistes achetés, comme il y a des médecins achetés par les laboratoires, ou des politiques achetés par les industries, il y a aussi des journalistes qui savent que leur présence est plus que jamais utile, pour collecter et relayer toutes les informations qui aujourd'hui sont cachées au plus grand nombre.

Merci pour votre lecture, et courage à tous pour ce qui s'ensuit.

Denis Mourizard


*https://www.terresunies.com/post/l-information

**https://actufinance.fr/actu/aides-journaux-subventions-presse-6967604.html

***https://youtu.be/hxRDVnYv9eY

8 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout