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  • Denis Mourizard

La société

La société que nous avons connue n'est plus. Pourtant, une société est fondamentalement nécessaire à l'humain qui vit en communauté. Notre société ne grandit, bien qu'elle ait toujours voulu le faire. La société ne sait s'empêcher de chanter à mes oreilles le mot associé. Parce que pour bien vivre ensemble, il faut être associé au projet de la communauté. Je vois ainsi ce qui est associé dans un projet commun, comme étant ce qui définit précisément la société. Commençons par définir les valeurs d'une société, et pourquoi pas celles de la France ? Les valeurs de la France s'expriment en trois mots : liberté, égalité et fraternité. Ce texte se voudra apolitique, mais il ne pourra éviter de s'y référer. La politique est un levier démocratique, sujet de bien des disputes et discordes, avec sa façon bien à elle d'ouvrir la porte aux démons parés des habits de la politesse. Pourtant, je voudrais vous donner à lire la phrase suivante, trouvée sur le web : "Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme." La France et son histoire ont construite ensemble l'assise de la République qui se dit porteuse des valeurs précitées, et la politique est donc là pour assurer les droits des citoyens, ces habitants de la citée. Arrêtons-nous un instant sur la notion de valeur qui mérite de recevoir nos yeux et nos esprits attentifs. Il est dit dans le Larousse web la chose suivante :


"Valeur : Ce qui est posé comme vrai, beau, bien, d'un point de vue personnel ou selon les critères d'une société et qui est donné comme un idéal à atteindre, comme quelque chose à défendre : Nous avions des systèmes de valeurs différents."


Nous savons donc désormais ce qu'est une valeur, qu'il nous reste à associer à la notion de liberté. La liberté est véritable, belle, et bien, du point de vue de chaque personne qui peut la vivre, et selon les critères d'une société qui la porte comme un idéal à atteindre, et à défendre. Ainsi la France a envoyé ses armées défendre ses propres libertés, mais aussi parfois, celle des pays étrangers. Bien souvent la liberté est mise en danger par la volonté d'enfermer, et l'enfer de la guerre mène bien souvent à l'enfermement, comme nous le vivons en 2020 avec la crise du Covid-19. Notre président nous l'a bien dit, un certain jour de Mars à la télévision : "Nous sommes en guerre". Ne nous égarons pas, l'enfermement était dans l'intérêt de tous, des plus jeunes jusqu'aux ainés. Il y était question de santé, et parfois les "rois" ressentent le devoir d'imposer de douloureuses décisions aux peuples, pour leur assurer la vie, au prix de leur liberté. Il n'y a rien à dire là-dessus, cela a toujours été, et de tout temps la réalité. Quand le pays était attaqué, il a toujours été demandé à la nation de s'associer à l'effort de guerre. Peut-on y voir du mal ? Posons la question.


L'égalité de tous est intimement associée, à la fois à la dimension humaniste et nationale. Égalité des sexes, égalité devant la loi, égalité devant l'impôt, devant la justice, devant l'autre, mais cela sous-entend également devant l'épreuve. Ainsi, en période de confinement, c'est l'ensemble de la population qui a été appelée à se confiner. Nous ne pouvons y voir que de la logique, car la politique est bien là pour assurer la sécurité aux citoyens, quel que soit l'état dans lequel se trouvent ses institutions. L'égalité est une valeur aux yeux de la République, qui est posée comme vraie, bel et bien, tant selon les critères de la société dont elle se veut la défenseur, que des individus qui la composent. Ainsi chaque homme et chaque femme dans notre pays est censé toucher le même salaire pour le même travail, se loger et s'alimenter correctement parce qu'il a les moyens de le faire, être traité selon les mêmes règles de droits et de justices, être soigné sans distinction de revenu. L'égalité est imbriquée à la liberté dès lors que l'on envisage la création d'une communion humaine au sein d'un collectif. Il nous sied d'être égaux en liberté, et libres d'exiger l'égalité que l'on soutient dans son coeur. Nous nous sommes battus pour cette égalité dans notre passé, et depuis la création de la République nous en avons longuement débattu auprès des autres collectivités.

La fraternité est quelque part la part divine des valeurs de la France. La fraternité évoque en moi l'idée de frères et de soeurs, valeur portée au masculin, car s'adressant à l'homme au sens philosophique. Il n'y est pas question de paternité, et faire la différence entre le frater et le pater me semble important, car ici nous sommes tous frères au sein d'une nation. Cela suppose bien des possibilités de développement ici. La fraternité est ce que nous pouvons imaginer comme énergie nécessaire au soutien durable des deux précédentes valeurs, fruit du père (l'état) et de la mère (la nation). Il y est bien question d'éternel dans le mot fraternel, et l'enfanter comme peut être amenée à le faire la maternité est une raison qui fait de l'homme ce qu'il est. S'entraider, se soutenir, en veillant à ce qu'aucune différence ne puisse être utilisée contre le collectif, mais au contraire utilisée au bénéfice de tous. La fraternité d'un collectif est détachée de la hiérarchie, et donc de l'état. Elle n'est pas le cadre extérieur, mais le coeur intérieur, en chaque homme plus qu'en chaque nation. C'est ainsi que cela se vérifie, dans chaque association française ou dans chaque action que des individus ont pu créer, et pour n'en citer que deux : l'abbé Pierre et Michel Colucci.


Ci gisent les valeurs de la France, qui rappelons-le sont ce qui est posé comme vrai, beau, bien, d'un point de vue personnel ou selon les critères d'une société et qui est donné comme un idéal à atteindre, comme quelque chose à défendre.

"Qui est donné comme un idéal à atteindre, comme quelque chose à défendre."

Qui est qui ? Qui n'est pas Soi-même, et n'est donc pas personnel, Qui est à l'extérieur. Il y a bien dans notre définition du Larousse un mot charnière situé au milieu de la phrase : ou. L'un ou l'autre, une valeur est définie par soi, ou par la société. Intimement, il me parait être plus juste que les deux soient, non pas séparés, mais associés, tel que l'entrevoit l'idée de société. J'ajoute que la société étant constituée d'individus, j'aime à imaginer que les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité sont avant tout celles que s'attribue l'individu, au-delà même de celles qui lui sont données par ceux qui modèlent la société. J'y vois ici un cercle qui nous renvoie à la notion de vertueux.


Les valeurs sont bien différentes des vertus, et selon les différentes définitions qui nous sont données du mot valeur, je pense les vertus indispensables à une société. Pourquoi ? Parce qu'une valeur est définie mentalement, et des enfants qui se construisent et qui apprennent ne peuvent prétendre tout savoir. Nous ne sommes finalement que des humains. Nous nous attribuons donc des valeurs mentalement, des valeurs d'appartenance à tel ou tel groupe, à telle ou telle nation, et nous adoptons ou pas, les valeurs de l'autre ou du collectif. Ainsi, l'expression "Nous n'avons pas les mêmes valeurs !" exprime non pas un désaccord, mais une différence issue d'un désaccord de pensée. Cela nous permet de nous différencier ou nous distinguer dans la masse du collectif, pour créer des choses plus facilement entre personnes de sensibilités proches.


Si une valeur peut définir, car ils la portent mentalement, un individu ou un collectif, une vertu définit un mouvement : vers "TU". Dans le brouhaha médiatique et politique, il est particulièrement rare d'entendre ce mot : vertu. Il en existe un grand nombre, mais arrêtons-nous un instant sur quatre d'entre elles : la prudence, la tempérance, la force d'âme et la justice. Ces vertus sont enseignées dans les courants théologiques, et j'imagine, aussi dans les courants politiques. Elles sont intimement liées à l'autre, et à ce qui est créé sous l'idée qui suit :

L'intérêt d'un seul ne peut prévaloir sur l'intérêt du groupe.

Cette phrase représente à merveille les grands rois de France et d'autres grands hommes de pouvoir que ce monde à porté. Cela suppose de ne se penser supérieur qu'au bénéfice de tous, porteur des responsabilités associées à la confiance de ceux que l'on représente aux yeux du monde tout entier. Notre société française, fière de ses valeurs et jadis porteuse d'espoir aux yeux d'un monde qui était bien différent, est devenue ce qu'elle est, et bien périlleux est le chemin de celui ou celle qui voudrait y voir clair là-dedans. Nos valeurs fondamentales ont donné naissance au document mondialement connu sous le titre "droits de l'homme et du citoyen", un document déjà empreint de notions parfois floues, et de codes visuels sur lesquels nous pouvons nous interroger, comme par exemple la présence d'une pyramide lumineuse avec son oeil. Nous entendons très légèrement, et de façon incomplète je le précise, l'idée de hiérarchie, avec la base de la pyramide qui constitue le plus grand nombre de citoyens, et le rétrécissement, en nombre et en fonctions, jusqu'au sommet de l'édifice structurel. Tout en haut la vision, et nous parlons bien là de politiques qui assurent porter la vision de l'avenir. Ce qui était autrefois confié aux philosophes et aux sages est désormais confié à ceux qui détiennent le pouvoir.


Tout a une valeur, y compris les pensées. Ceux qui auront lu le texte sur l'argent se rappelleront. Nous avons décidé des valeurs qui aujourd'hui nous sont données, avec les nuances qui leur ont été apportées, ou retirées. Sur cette pyramide qui trône au-dessus des Déclarations des droits de l'homme, nous y voyons aussi les notions d'horizontalité et de verticalité. Nous y voyons le regard qui se porte au plus haut, au-dessus de la largeur de la base. Nous y voyons l'incarnation de ce qui est en haut, en bas. Nous y voyons un chemin personnel, que chacun doit être libre de faire, de façon égale, et si besoin, aidé sur ce chemin si telle est sa volonté. Le malheur selon moi est que ce qui vient d'être vu, pour le bienfait de tous, et selon les vertus de sagesse que les grands rois de France ont incarnées, n'est plus.

Je vois une société dissociée, où les gens qui portent la pyramide et qui sont la base horizontale, s'opposent. Ils s'opposent en raison des idées qu'on leur impose, et de la façon dont sont inversées toutes les vérités.

Il ne suffit pas de se décréter Jupiter, à l'image des rois de France, pour incarner une vérité unique. Quand les valeurs sont imposées, et je le décrirai juste après, cela ne peut conduire qu'à l'enfermement de la pensée, et donc de l'humain. La vérité unique est celle du plus grand nombre, celle qui favorise la vie et qui la permet, selon les notions que nous portons, de liberté, d'égalité, et de fraternité. Tous unis pour créer une société renforcée par l'idée de nation. Cette vérité est aujourd'hui portée en apparence par ceux qui, pour le bénéfice de tous, imposent médicament et aliments, confinements et surveillances, parfois les plus intimes.

Pour le bien de tous sont inversées les valeurs pour le malheur d'elles-mêmes. J'y vois là la récupération politique d'une pensée dissociée qui au lieu d'associer chacun dans une société, dissocie le plus grand nombre pour elle-même.

J'y vois des hommes qui se pensent investis d'un pouvoir divin qui leur est pourtant donné par le plus grand nombre d'humains, et parfois même par ceux qui seront leurs meilleurs opposants. J'entends par meilleurs opposants leurs meilleurs ennemis, ceux qui vont désunir plus tard, la base. J'entends par meilleurs opposants ceux qui prétendront porter la vérité mieux qu'un autre, ou qu'un autre groupe d'opposants. J'entends par leurs meilleurs opposants les politiques, mais aussi les électeurs qui font l'ascension de leur adversaire. J'entends par leurs meilleurs opposants ceux qui portent un gilet jaune en combattant, soi-disant, un adversaire commun, et qui finalement se combattent entre-eux pour savoir qui prendra le pouvoir sur la méthode de l'autre.  


Là n'est pas l'idée que je me fais de la société. Ce texte n'engage que celui qui l'a écrit, et j'y vois la société d'aujourd'hui, manipulée dans ses idées par des médias bien installés là où jadis les livres sacrés tenaient le prêche. Il revient à chacun de créer une meilleure société, une société vertueuse où chacun peut naitre, grandir et mourir dans la joie et la dignité. Rien ne pourra se faire sans une décision intérieure, mue par la force de l'âme, et en conscience que la prudence est mère de toutes les vertus, pour avancer prudemment vers une justice au service du plus grand nombre. Peut-être attendez-vous de l'auteur des solutions, comme vous en attendez de ceux que vous élisez, mais vous n'en aurez pas plus qu'ils vous en "promettent". Il n'y a de solution que dans l'union transformée en unité, car issue de l'unité individuelle. L'union nait dans la nation, mais l'unité est ce qui fait sa force d'âme, comme elle le fait pour chacun d'entre nous. Dans l'unité il ne peut y avoir de dissensions, et lorsque les combats sont menés, alors ils peuvent l'être dans la paix, avec tout autant de force et de résultats que dans la guerre, et pourtant "nous sommes en guerre", nous ont-ils dit.

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