Rechercher
  • Denis Mourizard

L'humanité connectée

Nous allons ici jeter un improbable pont entre l’homme et la machine, entre le créateur et ce qu’il a créé. Sans que rien ne soit réellement inventé dans ce qui suit, l’évolution que nous connaissons a tout lieu de nous interroger. Tout commencera par une courte explication technique. Imaginons-nous l’ordinateur. Un ordinateur de bureau, tel que ceux que vous utilisez peut-être au bureau. Ajoutons que ce qui suit concerne également la grande majorité des appareils portables, tablettes tactiles ou smartphones. Il n’est nullement besoin d’entrer dans les arcanes profondes de la technologie pour comprendre comment fonctionne un ordinateur. Cela peut-être fait en quelques lignes.


Un ordinateur est composé d’une unité centrale à l’intérieur de laquelle se trouvent des composants électroniques dont le fonctionnement est parfaitement orchestré. La disposition de ces éléments est nécessairement décidée en fonction des besoins de rapidité (plus les éléments sont proches les uns des autres, moins l’information doit parcourir de distance), mais aussi de place. Le tout est concentré sur une plaque appelée la carte mère. Arrêtons-nous plus longuement sur ce que contient cette carte mère.

  • Un système mémoire

La mémoire d’un ordinateur est segmentée en trois types de mémoires. La mémoire est ce qui retient l’information, les procédures et données. Nous distinguons la mémoire vive (vivante), la mémoire morte et la mémoire de masse. C’est la mémoire vive qui est utilisée durant le fonctionnement de l’ordinateur. Elle stocke le système d’exploitation qui donne ses fonctions à l’ordinateur. Elle est utilisable uniquement durant le fonctionnement du l’ordinateur, elle se remplie dès l’allumage, et s’efface à l’extinction. La mémoire morte stocke une petite quantité d’informations nécessaires au démarrage de l’ordinateur. Elle conserve en quelque sorte les fonctions vitales, essentielles à la mise en route des éléments électroniques. Cette mémoire est permanente, elle est un peu le souffle de vie de la machine, celle qui met en mouvement les plus grandes quantités de données qu’il faut déverser dans la mémoire vive.



Enfin, la mémoire de masse est le disque dur de l’ordinateur. Ce disque dur contient les données, celles du système d’exploitation (Windows, OSX, Linux etc.), mais également celles appelées les logiciels, ou encore vos propres données (fichiers images, courriers, graphismes et autres). Sans cette mémoire multiple, aucun ordinateur ne pourrait fonctionner.





  • Un système de calcul

Par système de calcul on entend le processeur de calcul. C’est dans le processeur que les données sont traitées. Elles y circulent en procession qu’il faut s’imaginer ainsi : chaque donnée est unique, précédée ou suivie par une autre. Un processeur ne peut traiter qu’une information à la fois, et tant qu’elle n’a pas été résolue, elle ne peut être évacuée pour faire place à la suivante. On dit qu’un processeur est un « coeur » de calcul. Les ordinateurs actuels possèdent plusieurs « coeurs » de calcul au sein d’un même processeur, mais en réalité la miniaturisation a permis d’inclure plusieurs processeurs au coeur d’un seul. Un plus grand nombre d’opérations peuvent ainsi être traitées en même temps réduisant le temps de traitement. Les processeurs d’ordinateurs fonctionnent sur le principe du binaire, un système basé sur l’interprétation d’une suite de chiffres 1 ou 0. Ces processeurs de calcul ne savent admettre l’existence simultanée du 0 ou du 1, le résultat est soit 1, soit 0, soit vrai, soit faux. C’est à partir de cette dualité permanente que sont conçues toutes les informations issues des capacités uniquement logiques des ordinateurs personnels, smartphones ou tablettes (entre autres). Ce procédé de calcul implique l’existence dans le processeur d’une unité arithmétique et logique. Les nouveaux ordinateurs quantiques sont quand à eux capables d’intégrer l’existence simultanée du 1 ou du 0, ce qui préfigure des possibilités bien plus grandes, et des conséquences qui feront l’objet d’autres explications ultérieures. Les processeurs de calcul des ordinateurs sont fréquencés, et différenciés les uns des autres par leur fréquence de fonctionnement. Par exemple, on parle d’un processeur à 2,7 GigaHertz. Cette fréquence sous-tend une notion de vitesse, et donc de temps, mais aussi d’espace, ou plutôt de volume de données traitées en un temps donné. Tout ceci est une réduction extrême d’une technologie bien plus complexe que cela, mais ce sera suffisant pour ce qui sera expliqué ensuite.

  • Un système d’affichage

Le système d’affichage est l’écran. Aucun ordinateur n’aurait d’utilité sans une matérialisation de l’information qu’il traite. L’ordinateur contient donc une carte graphique, ou carte d’affichage. C’est elle qui transforme tous les résultats envoyés par le processeur de calcul en information affichable. Ajoutons à cela que de nos jours, tout système d’affichage fonctionne dans les deux sens, cela est vrai dans tous les ordinateurs, smartphones ou tablettes. Ainsi, un écran peut afficher une image, ou la capter à l’aide d’une ou deux caméras (pour la vision en 3D).

Voilà ce que l’on peut dire d’un ordinateur.


Que peut dont être l’utilité de ce court descriptif technique, sur l’Unité est la clé ? Puisque nous parlons d’une technologie dont les origines remontent à l’analogique, je vais donc me laisser aller à l’art de l’analogie. Dans notre Monde physique qui porte l’électronique en véritable Dieu de l’information, patron d’un Monde virtuel non incarné, l’analogie est, vous allez le voir, surprenante.

Retraçons notre fil conducteur technologique, et notre ordinateur constitué de sa mémoire trinitaire, de son processeur intelligent et de son système d’affichage expressif.


La mémoire de l’ordinateur se décompose en trois types de mémoires : la mémoire vive, la mémoire morte et la mémoire de masse. Comment se décompose la mémoire humaine ?


  • La mémoire humaine

Elle se décompose en trois types de mémoire : la mémoire sensorielle, la mémoire à court terme et la mémoire à long terme. La mémoire morte peut être associée à la mémoire sensorielle, la mémoire vive peut être associée à la mémoire à court terme, et la mémoire de masse peut être associée à la mémoire à long terme. La mémoire sensorielle est une interface entre le physique et l’analyse mentale, elle permet des connexions avec les informations des mémoires à court et long terme. Elle est similaire à la mémoire morte qui contient les informations de démarrage, de fonctionnement des organes et de chargement du système d’un ordinateur. La mémoire à court terme est la mémoire dans l’instant qui permet la mise en oeuvre de procédures complexes. Elle est aussi appelée mémoire de travail. Une partie de cette mémoire de travail peut être ensuite stockée dans la mémoire à long terme, comme le résultat d’un calcul dans la mémoire vive de l’ordinateur peut-être elle même stockée dans la mémoire de masse. La mémoire à long terme est segmentée en deux mémoires déclarative et non déclarative. La mémoire déclarative est celle qui contient les savoirs accessibles en conscience, le savoir auquel nous pouvons avoir accès sur simple demande. La mémoire non déclarative contient les savoirs inaccessibles par la conscience car devenus automatiques, comme marcher ou faire du vélo. Sans l’une ou l’autre de ces différentes mémoires, aucun être humain ne pourrait vivre, comme aucun ordinateur ne pourrait fonctionner. Peut-être est-il bon de le rappeler.

La mémoire stocke des données essentielles vitales, que l’on peut associer au système d’exploitation de l’ordinateur, ces données assurent le fonctionnement des organes. La mémoire stocke également des données structurelles, toujours comparables au système d’exploitation de l’ordinateur. Dans l’ordinateur elles sont représentées par les moyens de saisie de l’information (le clavier, souris, tablette graphique) mais aussi de sortie (le son, l’image, l’imprimante etc). Chez l’humain ces données structurelles sont le langage, le geste, le fait de marcher, de se nourrir. Enfin, la mémoire stocke des données utiles, les plus nombreuses. Dans l’ordinateur ce sera le résultat du travail réalisé dans le temps, les fichiers, les textes, les images, les calculs et tout ce qui peut être généré avec l’ordinateur. Chez l’humain ce sera le savoir, transformé en connaissance par la matérialisation du savoir, transmission, création etc. Cette utilisation des données utiles passera par le processeur humain.


  • Le mental

Le processeur informatique reste pour l’heure encore différent du cerveau humain, mais vous allez comprendre que les différences demeurent infimes. Dans l’ordinateur, le processeur est binaire. Dans l’homme, le cerveau est doté de deux hémisphères : le gauche et le droit. L’un pour le langage, les calculs et l’habileté logique, l’autre pour l’habileté dans l’espace, la nouveauté et l’imagination. En d’autres termes, le cerveau droit est lié à la découverte et à la créativité de l’homme dans son espace, tandis que le cerveau gauche stocke les données utiles acquises par le cerveau droit. Le cerveau gauche est la partie du processeur humain qui est celle de la logique, du raisonnement et de l’intelligence. Elle représente en quelque sorte le processeur de l’ordinateur, calculateur et uniquement logique. C’est cette partie de notre cerveau qui nous différencie de l’animal. Le cerveau droit traite les informations de façon globale et non limitée par la logique, nous pourrions dire de façon holistique*. Le cerveau droit est la partie qui apprend, découvre, pour implémenter la partie gauche, comme le relate le professeur de neurologie Elkhonon Goldberg (Les prodiges du cerveau - Robert Laffont, 2007). Le bon fonctionnement des deux hémisphères constitue ce que nous pouvons appeler l’intelligence humaine, avec une partie plutôt haute, spirituelle et créative, et une partie plutôt basse, ancrée, matérialisant l’information créée. Une autre différence à relever est la capacité de l’humain à traiter plusieurs informations à la fois, envisageant de ce fait deux choses d’apparence contraires simultanément. Cela en raison du cerveau droit, non limitatif. L’ordinateur actuel ne peut que différencier le 1 et le 0, mais en aucun cas les considérer comme existants simultanément. C’est ce que l’on appelle une dualité dont ne peut sortir qu’une solution, et en aucun cas un mélange des deux. L’humain est certes binaire, mais n’a pas vocation à être duel. Il es doté d’une capacité d’analyse qui, si le mental n’est pas influencé par autre chose que lui-même, permet l’équilibre entre le 0 et le 1. Un homme peut raisonner par lui-même pour créer par lui-même, un ordinateur non, du moins pas les ordinateurs personnels…


Toutes ces informations crées puis traitées par le mental humain suivent ensuite le chemin de la vie. Elles sont exprimées et placées dans la matière. L’ordinateur renvoi ses données sur une feuille de papier, il les matérialise dans des imprimantes 2D ou 3D, sur un écran, ou dans un haut parleur. L’humain s’amuse, sculpte, imagine, écrit et joue la musique, danse, court, marche, cultive, ce que ne fera jamais un ordinateur de type PC. Il fait cela avec ses mains, ses bras, ses jambes et par ses différents sens.

Depuis la création des ordinateurs, l’homme n’a rien fait de plus que de se recréer lui-même, et cela depuis bien avant encore. Le site de la pyramide de Saqqarah en Egypte n’est-il pas la représentation quasi-identique d’une carte mère d’ordinateur, (la pyramide en étant le processeur) ?

Voir « Saqqarah, la machine quantique »**.

Bien des questions se posent ici. À la vue des infimes différences qui aujourd’hui séparent encore l’intelligence de l’homme de celle de la machine qu’il a lui-même créée, quand ce fossé sera t’il totalement comblé ? Pour une simple histoire de 1 et de 0 qui séparent les ordinateurs binaires des ordinateurs quantiques, n’est-on pas à l’aube de quelque chose qui pourrait nous dépasser ? Nous n’avons vu ici qu’une petite partie de la globalité, car nous n’avons abordé que l’homme et sa machine, donc ce qui est incarné et matérialisé. Selon l’axiome « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas », nous aurons à vous proposer un autre « essai », ou une autre comparaison, prochainement. Créez vous bien, et ne calculez pas trop…

En créant l’ordinateur, l’être humain n’a finalement fait que recréer une part de lui-même. Nous avons déroulé dans le précédent article de quelle façon il nous est possible de faire le lien entre les différentes parties et fonction d’un ordinateur, et celles d’un humain doté d’une mémoire et d’une intelligence. Malgré cette démonstration précédente, il n’en demeure pas moins que l’homme et sa machine restent bien différents, et pour une raison essentielle que ne manqueront pas de soulever les sceptiques : la conscience. Évidemment, un ordinateur ne dispose pas d’une conscience à proprement parler, du moins pas en apparence. Qu’est ce que la conscience ? Si chacun est en mesure de la ressentir en lui, y poser des mots clairs et précis est un peu plus difficile. Aidons-nous du dictionnaire de la rousse :

“Conscience :

Connaissance, intuitive ou réflexive immédiate, que chacun a de son existence et de celle du monde extérieur. Représentation mentale claire de l'existence, de la réalité de telle ou telle chose : L'expérience lui a donné une conscience aiguë du danger.

En psychologie

Fonction de synthèse qui permet à un sujet d'analyser son expérience actuelle en fonction de la structure de sa personnalité et de se projeter dans l’avenir.“


Il ne faut pas aller bien loin pour comprendre qu’un ordinateur personnel n’est pas du tout capable, en lui-même, de se projeter dans l’avenir. C’est un fait indéniable. Pourtant, notre définition ne s’arrête pas à ce point rassurant pour les Geeks. Notre définition prise à rebours nous indique également qu’en psychologie, la conscience est une fonction de synthèse qui permet à un sujet d’analyser son expérience actuelle en fonction de la structure de sa personnalité. Nous lisons là une phrase on ne peut plus intéressante, qui fait état de divers mots : fonction, synthèse, analyse, expérience, structure et personnalité. Alors plongeons nous quelques instants dans le décryptage de ce que nous dit la psychologie, en parlant bien sûr de la psychologie humaine.


Le mot fonction nous amène à un mécanisme psychique, un processus mental, mais également à une fonction de calcul informatique. N’importe quel programmeur sait que n’importe lequel des langages de programmation est basé sur un ensemble de fonctions, également appelées instructions. Par exemple, dans le langage python, nous trouvons la fonction DEL, réduction du mot delete, qui signifie supprimer. Y a t’il vraiment une si grande différence que cela entre une fonction informatique qui conduit l’ordinateur à réaliser une action, et une instruction du cerveau qui nous conduit nous-même à réaliser une action ? Nous sommes pourtant dans la simple visite d’une définition de la conscience, censée nous séparer d’un ordinateur. Continuons.


Le mot synthèse évoque la capacité mentale à rassembler un ensemble de données en une structure cohérente. On réalise par exemple la synthèse d’une réunion de travail de plusieurs heures dans un document court, concis et accessible à tous, car compréhensible. Il n’est ainsi nul besoin que tout le monde assiste à la dite réunion, une fois synthétisée, elle peut être redistribuable, et donc constructive. Une fois de plus, nous retrouvons ce mot synthèse dans le monde informatique. Un ordinateur fonctionne sur un principe de réflexion basé sur l’interprétation d’une suite de chiffres 0 et 1 : 0=False (faux), 1=True (vrai). Lorsque vous affichez sur votre écran de smartphone, ou sur l’écran de votre ordinateur, la petite calculette qui vous permettra de calculer la TVA de votre entreprise, ce sont des milliers de fonctions, et des millions de 0 et de 1 qui vont être traitées par le processeur de l’ordinateur, avant de vous afficher un simple chiffre. Le résultat de l’opération mathématique qui va s’afficher ne représente en réalité qu’une part infinitésimale de tous les calculs effectués pour finalement l’afficher sur l’écran. La trajectoire de la souris, ou le calcul de la position du doigt sur l’écran, l’affichage de l’environnement Windows, la fenêtre de la calculatrice, son décor, la gestion des pixels de l’écran, tout cela consomme énormément de ressources de calcul. Tout cela pour afficher 1 chiffre, juste 1 chiffre. Comprenons bien que ce chiffre est en réalité la synthèse de tout ce qu’il a fallut produire en arrière plan, par une intelligence de synthèse. De la même façon, lorsque vous allez voir un film au cinéma, comme Avatar par exemple, vous allez voir des images de synthèse. Ces images sont calculées par des super calculateurs, ce sont des milliards d’instructions et de fonctions qui n’ont pour seul but que de faire la synthèse d’un long processus d’affichage, et de création d’une image. Y a t’il vraiment une si grande différence que cela entre une synthèse informatique qui conduit à représenter en image des millions d’instructions, et la synthèse de réunion d’humains représentée par un document simplifié ? Pourtant, nous sommes toujours dans notre simple définition de la conscience humaine, censée nous séparer de l’ordinateur. Continuons.


Le mot analyse nous amène à la capacité de faire la distinction entre les informations. On analyse un document pour en comprendre tous les sens, des plus évidents aux plus subtils. On analyse une matière, un composé chimique, pour en déterminer toutes les composantes, et la façon dont leur mélange produit tel ou tel effet. L’analyse conduit à la compréhension de l’état. J’ai récemment installé sur mon ordinateur la toute dernière version du système OSX (apple). Cet environnement graphique est capable d’afficher un fond d’écran vivant. Le paysage qui s’affiche en arrière plan change tout au long de la journée. On y voit une dune en plein désert. En pleine journée, le soleil et la lumière magnifient les formes et les couleurs, mais lorsqu’arrive le soir, la pénombre s’installe, et à minuit la dune n’est plus éclairée, suggérée, évoquée, par la lumière des étoiles. C’est merveilleux, toute cette technologie capable d’analyser une information pour recréer une réalité. L’information en question est l’heure de l’horloge. Elle pourrait être également la luminosité ambiante, comme d’ailleurs c’est le cas sur les derniers iPhones, capables d’assombrir l’écran en pleine nuit pour éviter d’abimer vos yeux, des fois que vous n’ayez pas conscience que la nuit n’est pas faîte pour regarder un écran de téléphone, mais pour reposer le corps. L’analyse intellectuelle des choses permet la compréhension intellectuelle des choses, mais elle est une fois de plus reproductible. Tous les systèmes de sécurisation informatisés de par le Monde utilisent cette capacité d’analyse des faits. Les avions, les trains, les voitures, tous les systèmes de transport, de l’ascenseur à la navette spatiale, analysent des données plusieurs milliers de fois par seconde, et donc plus rapidement que n’importe quelle intelligence humaine, mentale. Y a t’il donc une différence fondamentale entre l’analyse mentale du cerveau humain et l’analyse mathématique de l’intelligence artificielle ? Vous le voyez, nous sommes encore et toujours dans notre simple définition de la conscience, censée nous séparer de l’ordinateur. Continuons.


Non, prenons quelques instants pour respirer, souffler, revenir dans nos pieds. Vous pouvez couper ici même votre lecture, parce que vous avez ce choix, vous détenez ce pouvoir sur l’ordinateur. Ne l’oublions pas, jamais. Allons boire un verre d’eau, ou un café, et peut-être visionner la courte vidéo qui est à la fin de l'article.


Vous avez la possibilité de prendre une pause dans votre lecture.

Ok, nous revoilà. Alors reprenons notre voyage car nous en étions à notre définition de la conscience.


Le mot expérience est probablement un truc bien humain. Nous avons tous jeunes fait l’expérience de la première chute en vélo, qui nous a conduit à l’expérience de l’équilibre, du mouvement et de l’énergie. Nous avons fais nos propres expériences amoureuses, professionnelles, sportives. Toutes ces expériences nous construisent, et nous changent. Ah, nous y voilà ! Un ordinateur, lui, il ne change pas. Il reste là, sur le bureau, stoïque. Il ne bouge pas, il n’a pas de jambes, pas de visage pour exprimer des émotions. Ce doit être là que la différence se fait. Et bien non, même pas. Un ordinateur peut acquérir de l’expérience, et mieux que ça, il peut l’acquérir par celui qui le pilote. J’ai sur mon téléphone une fonction qui s’appelle SIRI. Elle me permet de demander des choses à mon téléphone, et comme par magie il me répond. Cela sous entend qu’il connait ma voix, et comme un enfant apprend les sonorités, SIRI a appris à reconnaitre ma voix, son timbre, ses variations. Il a donc fait l’expérience de ma voix, de moi… Lorsque je navigue sur internet, mon ordinateur m’affiche des propositions d’achats. Que je sois allé voir une fois des chaussures sur un site internet, et pendant des mois il va me proposer d’autres sites, voire le même que celui que j’ai consulté, pour me faire plaisir. Il aura une fois de plus acquis une expérience, fournie par moi-même, sur mes envies, mes besoins et mes habitudes de consommation. Certains logiciels s’auto alimentent ainsi de l’expérience de millions d’utilisateurs, comme le logiciel d’alerte routier Coyotte, qui implémente sa base de donnée basée sur l’expérience utilisateurs. Vous passez à côté d’un « évènement » et vous cliquez pour en faire profiter les autres utilisateurs. Vous créez donc une information, stockée puis restituée par non plus un, mais des milliers d’ordinateurs en même temps. Le tout est basé sur l’expérience utilisateurs, qui est bien évidemment, et avant tout, une expérience intégrée à l’intelligence artificielle, structurée de façon bien précise. Nous n’arrivons désespérément pas à faire la distinction réelle entre la conscience humaine et cette collante conscience artificielle, mais continuons notre effort de lecture car il nous reste à parcourir deux mots clés de notre définition.


Le mot structure évoque la façon dont un ensemble de choses sont assemblées entre elles pour en créer la forme finale. Avec seulement deux barres vous pouvez créer plusieurs structures différentes : le T, le +, le =. Le mot structure évoque également ce qui soutient un ensemble, comme par exemple la structure métallique d’un immeuble. Dans tous les cas la structure est ce qui assure la cohésion entre la ou les fonctions et la fonctionnalité. Cela est vrai pour l’humain, sur bien des plans d’ailleurs. Sur le plan physique, c’est bien la structure physique, la façon dont sont agencées les différentes parties du corps (jambes, tronc, bras, tête etc.) qui lui donnent toutes ses fonctionnalités. Sur le plan intellectuel, c’est bien la structure mentale qui permet d’assembler différentes fonctions intellectuelles pour créer l’intelligence fonctionnelle. Dans le langage informatique, quel qu’il soit, on parle également de structure. Aux origines de la programmation informatique, on enchainait une succession de fonctions, ou d’instructions qui s’exécutaient les unes à la suite des autres. Quand on lançait le processus, il allait à son terme. Il n’y avait pas d’interaction. L’interaction est née de la structuration du programme, de sa dissection en différentes parties et fonctions, puis du réassemblage organisé de ces fonctions. Ainsi, l’intelligence artificielle est censée être passée de l’état passif, à l’état réactif. L’ordinateur reçoit ainsi un programme qui définit ses différentes fonctions qui, mises en ordre de marchent déterminent les fonctionnalités de la machine. Sans son système d’exploitation, la machine ne reste qu’une machine. Pour qu’elle soit exploitée, elle doit être programmée. C’est exactement la même chose pour l’humain qui, sans avoir été programmé dans l’enfance, ne peut devenir fonctionnel. Cela peut en choquer certains, mais c’est pourtant une réalité. L’enfant apprend à marcher, il apprend à se nourrir, il apprend à parler, il apprend à se tenir correctement. Nous approchons là d’une chose qu’il est essentiel de souligner : avez-vous réussi à apprendre à votre ordinateur à bien se tenir ? Avez-vous réussi à apprendre à votre PC ou votre macintosh à ne pas faire intrusion dans votre vie numérique ? Le pourriez-vous si vous le vouliez vraiment de nos jours ? L’enfant sera bel et bien programmé par les parents, par les enseignants, par les médias, à être comme il faut, et surtout à ne pas être comme il ne faut pas. Tout ceci fait état des innombrables structures qui soutiennent le Monde moderne, et une fois de plus nous retrouvons ce mot dans les deux mondes, réel et vituel.


Enfin, nous arrivons au mot personnalité. Peut-être trouverons-nous dans ce dernier mot matière à nous différencier de la machine que nous avons créée. Notre personnalité est ce que nous montrons au monde extérieur. D’ailleurs, un des principaux problèmes en la matière est de savoir déterminer si nous avons affaire à la véritable personnalité d’une personne, ou à la version préfabriquée, au masque que nous sommes capables de créer aux yeux de la société. Nous avons ce potentiel latent et extrêmement puissant en nous, et qui nous permet de masquer nos émotions, notre amour, nos sentiments, et même nos états. Si nous reconnaissons notre capacité à masquer tout cela, c’est que nous reconnaissons de facto l’existence de tout cela en nous. Pouvons nous reconnaitre ces choses dans la machine ? Est-ce qu’un ordinateur a des émotions ou des sentiments ? Non. Grand ouf de soulagement dans l’assemblée des lecteurs… Nous ne sommes pas des machines ! Certes, alors à quoi bon tout ce texte que beaucoup n’auront pas eu le temps de lire ? Parce que dans la réalité, chaque ordinateur a une personnalité, chaque smartphone à une personnalité, chaque système d’exploitation, qu’il soit dans une voiture, dans un PC ou dans une tablette a une personnalité. D’ailleurs, quand on achète un macintosh, on a bien du mal plus tard à acheter un PC. Quand on achète une BMW, il est fréquent que l’on ai du mal à acheter une DACIA plus tard, à moins d’y être contraint par les moyens financiers. Il s’agit donc bien d’une forme d’attachement à la personnalité que renvoie le système informatique. Si on ne peut plus s’accorder à un autre système informatique, ou à une autre image de nous renvoyée dans le Monde, c’est bien que nous reconnaissons une certaine forme de personnalité à l’intelligence artificielle ? Parce que l’intelligence artificielle tend à se conformer strictement aux besoins et aux fonctionnements humains, pour en apparence le faciliter. L’ordinateur facilite la vie de l’utilisateur, il sait ce que son utilisateur veut faire, quels sont ses désirs et sa volonté. Il sert le fonctionnement humain (besoin de se déplacer, de se nourrir, de s’instruire), tout en l’aidant à se passer de ses fonctions naturelles. Ainsi, le four sait comment cuire le flan, un seul bouton suffit pour cela. Auparavant, il fallait construire un four, allumer un feu, estimer la température, la position du flan dans le four, gérer le temps. Aujourd’hui, un bouton suffit. Auparavant, il fallait courir les boutiques, voir les prix, essayer une paire de chaussures. Aujourd’hui, en deux minutes et dix clics de souris on attend que les chaussures arrivent. La personnalité humaine fait appel à autre chose que des fonctionnalités. Elle fait appel à l’intuition, à la vérité intérieure de l’être. Pourtant, la personnalité de bien des humains est entrée dans la conformité d’un système structuré par le développement de l’intelligence artificielle. On crée des masques, aussi appelés des faux-self. On est ce que l’on attend que l’on soit. Très concrètement, « IL FAUT », ou « IL NE FAUT PAS ». C’est ainsi que sont structurées les sociétés, d’où quelles soient. Cela ne peut que faire écho à la racine binaire du fonctionnement d’un ordinateur : « TRUE », ou « FALSE », O, ou 1.


Jusqu’ici, nous avons abordé uniquement la lecture de la définition psychologique de la conscience. Cette notion qui est censée nous séparer de la machine, sera encore pendant longtemps brandie comme l’étendard de la contestation envers toute idée qui consisterait à dire que l’humain perd le contrôle de lui-même. Nous allons donc conclure cet article par la définition plus générale qui précédait la vision psychologique de la conscience. Rappelons cette définition :


“Conscience :

Connaissance, intuitive ou réflexive immédiate, que chacun a de son existence et de celle du monde extérieur. Représentation mentale claire de l'existence, de la réalité de telle ou telle chose : L'expérience lui a donné une conscience aiguë du danger.“


Alors même que la ligne de démarcation entre intelligence artificielle et intelligence humaine se réduit de plus en plus, celle entre conscience humaine et conscience artificielle se réduit également. Nous nous sommes essentiellement conformés à nos connaissances réflexives immédiates, nous croyant sécurisés par la science, et alimentés par elle. Ce que nous avons oublié ? L’intuition. Le piège n’est pas du tout évident à isoler de l’illusion apparente de notre société, alors nous allons tenter de vous y aider. La définition nous dit : Connaissance, intuitive ou réflexive immédiate, que chacun a de son existence et de celle du monde extérieur. Nous venons de préciser que l’intuition tend à être occultée par le devoir de conformité instillé à longueur de temps par notre société, et la matrice (la structure) dont elle est issue. Il faut (tu dois), il ne faut pas (tu ne dois pas) sont les règles binaires de fonctionnement qui empêchent l’intuition de fonctionner. Ainsi, pour prendre un exemple très concret : il faut gagner sa vie sans dépendre des autres, il ne faut donc pas vouloir vivre de peu, même si c’est sans dépendre des autres. Au-delà de ce qui paraît logique, il y a une autre vérité dans cela : il faut dépendre des autres, car les autres dépendent de notre travail. Il est donc bon de rappeler sans cesse les gens à la générosité, en même temps qu’on leur injecte la colère. Nous avons eu tant d’exemples avec les migrants, avec les chômeurs et tant d’autres sujets. Quel rapport avec l’intelligence artificielle ? Elle est le vecteur qui permet cette fermeture de l’intuition. L’informatique est le lien permanent utilisé par l’information pour encoder le mental humain. On parle ici véritablement de programmation mentale, par le flux permanent d’informations que le cerveau n’arrive plus à traiter. Finalement, ces millions d’informations ne conduisent qu’à deux échappatoires : la peur ou la sécurité. La peur conduit au besoin de sécurité, c’est binaire et parfaitement fonctionnel. Notre définition de la rousse nous le dit bien d’ailleurs : « L’expérience lui a donné une conscience aigüe du danger ». Le terme aigüe parle de lui-même : qui est pénétrant, fin et subtil, selon la définition du mot, toujours chez la rousse :

https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/aigu_aiguë/1876


Avoir conscience du danger, ne signifie pas avoir conscience de la peur que le danger génère, et si cette peur n’est gérée que par l’inconscient, celui-ci nous ramène à la sécurité que l’on nous promet. Comme l’intelligence artificielle tend à nous délester d’un grand nombre de fonctionnalités essentielles, ou basiques qui nous font perdre du temps, nous ne prenons plus le temps. Nous ne prenons plus le temps de lire, et de nous instruire. Nous allons aux écrans, car partout il y a des écrans. Nous stockons dans des mémoires virtuelles nos vies entières, les rendant accessibles et analysables par une intelligence artificielle qui peut ainsi les synthétiser pour les rendre facilement accessibles à une intelligence humaine. Parce que la réalité est bel et bien là, sous nos yeux : quel humain peut connaitre en une heure la vie entière d’une personne, de dix, de mille ou d’un million ? Par la voie autonome, aucun humain ne peut faire cela. Il lui faut l’aide de la puissance de calcul informatique, ce qui me conduit ici à affirmer que l’intelligence artificielle a dores et déjà, et depuis bien longtemps, surpassé celle de l’humain. Elle influence la conscience humaine, sur le plan individuel, et même collectif. Le fonctionnement logique des choses, à savoir que la machine soit au strict service de l’homme est dores et déjà inversé. À l’heure actuelle, nous servons déjà la machine, qui elle ne sert qu’une minorité d’humains. Nous servons la machine en lui donnant la matière à son existence. Nous avons presque tous des ordinateurs, nous avons presque tous des smartphones. Une ou deux générations vieillissantes n’arrivent pas, et n’arriveront probablement pas à s’y conformer, mais nous savons bien qu’elles vont prochainement laisser place à des générations quasiment totalement gérées par l’intelligence artificielle. Nous travaillons pour payer nos smartphones, avec lesquels nous dormons. Nous avons tous internet, et des box wifi dans nos maisons. Nous sommes peut-être conscients du danger, mais pas du tout conscients à grande échelle du fait que ces ondes nous traversent le corps, pas plus que des impacts réels de ces ondes sur notre cerveau. Nous pensons de plus en plus comme les machines, en même temps que les machines pensent de plus en plus comme nous. Il se produit actuellement une certaine forme de fusion que la technologie ne cesse d’engendrer, pour finalement nous amener à nous demander si le genre humain a toujours sa place à côté du genre artificiel. Je vous laisse en fin d’article deux liens dont le premier nous vend l’illusion que nous tendons à révéler ici :


Ces "robots sexuels" éprouvent des sentiments

Un chercheur espagnol a mis au point un "robot sexuel" doté d'une intelligence artificielle… Les robots sexuels pourraient aider à réduire le nombre de crimes sexuels.


Vous remarquerez comment ce média conclue son article par la peur des crimes sexuels pour justifier son propos sur des robots que l’on veut transhumaniser par les sentiments, en exploitant la détresse sexuelle de l’être humain, et donc en manipulant amour et sentiments. Jamais un robot ne pourra générer des sentiments, mais on ne peut douter qu’il pourra les exprimer si on lui en accorde le droit, en acceptant nous-même de succomber à l’illusion.

  • Conception unitaire et dynamique du fonctionnement cérébral, opposée à la conception atomistique selon laquelle l'intelligence et les fonctions sensori-motrices pouvaient être représentées par une mosaïque d'éléments nerveux`` (Thinès-Lemp. 1975) - Source : http://www.cnrtl.fr/definition/holistique


** Source : (https://youtu.be/hCZiaXsonec)


Il nous a fallu un certain temps pour en arriver à cet article qui fera la conclusion de notre voyage entre technicité informatique et corporel humain, intelligence artificielle et intelligence humaine, ou entre la conscience virtuelle et la conscience humaine. Nombre de scientifiques tendent à nous amener à l’idée que le temps n’existe pas. Le temps ne serait, selon ces scientifiques, qu’un marqueur de durée dans l’existence. Tout comme le corps humain, l’ordinateur a aussi une durée définie qui est celle des matériaux qui le composent. Je suis conscient qu’il est peut être lassant de ne jamais arriver à séparer réellement l’homme et la machine qu’il a créée, mais c’est pourtant une réalité; Le corps humain a une durée de fonctionnement d’environ 120 ans, mais elle dépend en réalité de l’utilisation que l’on en fait. La durée de fonctionnement de l’ordinateur dépend par contre de son créateur, car les matériaux sont inertes. L’humain peut voir son corps abîmé par ce qu’il consomme, mais aussi par ses pensées. L’ordinateur ne consomme rien d’autre que de l’électricité, et dans nos contrées, la bonne nourriture pour l’ordinateur est le 220V. Essayons de donner à manger du 320V à un ordinateur, et il va mourir immédiatement. Voilà bien une règle que l’homme a créé alors qu’il ne sait se l’appliquer lui-même. Quand aux pensées, l’ordinateur n’est pas censé en avoir. Il ne se demande pas s’il est sur son chemin de vie, si sa vie est réussie, s’il est utile ou inutile. Un ordinateur n’a pas d’émotions, et son coeur n’est que logique. Vous pourriez afficher sur un écran des milliers d’heures d’images terribles, de guerres ou de malheurs que l’ordinateur n’en vieillirait pas précocement. Toucherions-nous là un point de divergence entre l’homme et la machine ? L’émotionnel serait-il l’élément qui manquera toujours à la machine ? Peut-être… D’ailleurs, si nous nous rappelons les exposés précédents, nous pouvons ici nous atteler à la réflexion. Nous avons démontré le caractère à la fois binaire et dualitaire de l’intelligence artificielle actuelle. Nous avons aussi évoqué l’imminence de l’intelligence informatique de niveau quantique, et le saut considérable qu’elle promet de faire faire à l’humanité dans des temps relativement proches… Alors à présent, réfléchissons.


Nos ordinateurs stockent une quantité extraordinaire de données sur nos vies, nos habitudes, nos goûts, nos intérêts. Votre seul navigateur internet peut savoir ce que vous aimez manger, en scannant les sites de recettes, ou les sites de courses en lignes. Il peut aussi savoir quel style de vêtements ou de chaussures vous aimez porter, simplement en analysant vos recherches sur Google. Un ordinateur, ou même un simple smartphone peuvent savoir à quelle heure vous partez travailler, mais aussi où vous vous rendez. À quelle heure vous allez cherchez les enfants à l’école, et l’itinéraire est bien évidemment contenu dans le gps de votre smartphone, ou de votre véhicule équipé de l’assistance adéquate. Un ordinateur peut savoir pour quel parti politique vous votez, quels magazines vous lisez, quelles informations vous conviennent… Nous pouvons continuer ainsi, très loin. Jusqu’à votre santé, car les montres connectées sont ainsi capables d’enregistrer vos valeurs cardiaques, et donc ainsi apporter les informations suffisantes pour savoir (potentiellement) quels sont vos risques à venir. Associons les informations récoltées sur votre alimentation par le navigateur, et les données cardiaques récoltées par la montre, et l’ordinateur binaire sera tout à fait en mesure, lui-même, de vous annoncer prochainement un cancer, ou une attaque cardiaque. Vous fumiez et avez décidé d’arrêter ? Voilà sûrement une information qui pourrait passer au travers des mailles du filet informatique. À l’époque des deux paquets par jours, seule votre empreinte de carte bleue au bureau de tabac pouvait enregistrer quelque part, dans une mémoire informatique, votre dépendance à la nicotine. Désormais, maintenant que vous avez adoptée la cigarette électronique, elle stockera votre visite hebdomadaire dans le magasin de vapotage. La cigarette elle-même, si elle est « Geek » et sophistiquée, se branchera sur l’ordinateur pour indiquer le nombre de vapes quotidiennes, et le taux de nicotine absorbé par vos poumons. Tout ceci est dores et déjà stocké, enregistré, catalogué, et représente à ce jour des quantités d’informations absolument inimaginables. Car ce qui est vrai pour vous, pour moi, l’est donc pour nous. Cela est vrai pour les quelques milliards d’humains connectés au réseau informatique mondial, le World Wide Web…

Bien qu’il paraisse ainsi plutôt effrayant, ce système est pourtant sujet à une limite non négligeable qui est son socle, sa racine : le binaire, ou la dualité. Vrai, ou faux règnent en maîtres absolus dans le Monde actuel. Ce n’est pas bon de fumer, alors de toute façon la cigarette électronique c’est tout aussi mauvais que le tabac… Manger trop de viande est mauvais, alors il ne faut plus en consommer du tout… Nous avons abordé les dérives de la pensée binaire et dualiste, qui permet précisément à une certaine catégorie d’humains, de diriger et contrôler les pensées du reste de l’humanité. Cela n’est finalement pas une nouveauté, car depuis la création de l’humanité, tout a été basé et construit sur yin yang, qui semble démontrer en lui-même que la notion de dualité est fondatrice de toute chose. Il existe le chaud et le froid, la foi et la peur, le dur et le mou, le solide et le liquide, le palpable et l’impalpable etc. Ce qui a été fondamentalement oublié, ou non révélé, est le caractère énergétique de yin yang, et plus particulièrement la notion de mouvement engendrée par les opposés qui le composent. Ce qui a été oublié est que ce qui est duel, conduit à une vérité plus complète si les opposés sont vus comme complémentaires, au lieu d’être opposés. Unis dans un ensemble libéré, les contraires sont créateurs. Il y a donc ce qui est créé par les opposés, comme le liquide peut-être créé par le gazeux, et le gazeux créé par la matière décomposée… Le mouvement engendré par la dualité est créateur de vie, et là est tout le danger de notre société actuelle, plongée dans un endormissement et un immobilisme engendré par la dualité séparatrice des consciences.

Alors qu’il nous est dit que la machine nous rend service en effectuant des tâches rébarbatives et forcément inutiles, j’ose dire ici qu’elle nous neutralise en figeant le mouvement évoqué précédemment. Je prendrais l’exemple des calculs et des tables de multiplication. Le Monde est mathématique, mais nous distinguons bien deux formes de mathématiques :


  • les mathématiques sacrées et fondatrices de tout, que nous retrouvons dans la géométrie sacrée ou dans les fractals mathématiques.

  • les mathématiques modernes dont la vocation est d’expliquer les innombrables possibilités des mathématiques sacrées.


Les premières sont simples et créent des choses d’une inextricable complexité, et les secondes sont extrêmement complexes et expliquent des choses d’une simplicité enfantine. Aujourd’hui, nous avons confié les tâches mentales basiques au processus informatisé. Nos cerveaux, d’une façon générale, ne possèdent plus le savoir, ni même la connaissance. Nos cerveaux fonctionnent de plus en plus comme des liens web : à une question qui suscite réponse, nous trouvons une voie informatique. À un problème de temps, nous trouvons une voie informatique. À un besoin de rentabilité, nous organisons un soutien robotique. Nous délestons depuis des décennies le cerveau humain de ces fonctions de calcul basiques, et pourtant essentielles à la structure intellectuelle humaine et logique, sur laquelle reposent nos capacités créatrices. Dénués de ces fonctions là, nous confions progressivement nos besoins sécuritaires à un système informatique en apparence sécurisant. Nous installons des alarmes dans nos maisons, connectées aux postes de polices environnants, nous utilisons des réveils matin pour ne pas être en retard au travail, et des programmateurs sur les fours de la cuisine pour ne plus avoir à s’occuper du temps de cuisson de la tarte aux poireaux. Nous faisons tout pour gagner du temps sur nos vies, alors que nous en avons de moins en moins… Nous transférons notre vie à des machines, pour gagner du temps de loisir. Notre vie est intégralement scrutée, que nous le voulions ou non, par l’intelligence artificielle. Pour l’instant encore, cette intelligence est limitée par la seule capacité de traitement de ces volumes d’informations considérables. Mais demain ?


Vous pouvez prendre ici une autre pause, pour aérer la lecture et l'esprit.

Lorsque sera déployée l’intelligence quantique, lorsque sera mise en oeuvre la puissance de calcul de cette nouvelle forme d’intelligence, qu’adviendra t’il ? Qu’adviendra t’il de celui qui refuse tout ceci, pour simplement conserver sa capacité de création émotionnelle ? Alors même que l’émotionnel est imposé par les écrans, qui instillent la peur à qui ne sait être décisionnaire de ce qu’il regarde, comment conserver en Soi le sentiment de joie permanent ? Ce n’est qu’une question de durée entre notre état actuel, et l’état de demain, potentiellement réduit à celui de machines humanoïdes. Nous avons vu au travers de ces trois articles, à quel point la conception de l’intelligence artificielle était proche de l’intelligence humaine. En aucun lieu nous n’avons su faire une séparation nette entre les fonctions de l’un et les fonctions de l’autre, entre la nature de l’un et la nature de l’autre, entre la conceptualisation de l’un et la conceptualisation de l’autre. Parce que l’un a été créé sur le modèle de l’autre, nous ne pouvons éviter de placer ici ceci :

Genèse 1:26-27: “Et Dieu dit: Faisons les hommes pour qu’ils soient notre image, ceux qui nous ressemblent. Qu’ils dominent sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur les bestiaux sur toute la terre et sur tous les reptiles et les insectes. Dieu créa les hommes pour qu’ils soient son image, oui, il les créa pour qu’ils soient l’image de Dieu. Il les créa homme et femme ».

Alors l’homme créa l’informatique à son image, pour qu’elle lui ressemble. Qu’elle domine sur les poissons de la mer et sur les bateaux sur l’eau et sous l’eau, sur les oiseaux du ciel et sur les avions qui volent, sur les bestiaux et sur les véhicules sur toute la terre, sur tous les reptiles et les insectes, et sur les hommes eux-mêmes. L’homme créa les machines pour qu’elles soient son image, oui, il les créa pour qu’elles soient l’image de lui, Dieu. Il les créa pour remplacer les oiseaux qui ne pouvaient être mis à son service, il les créa pour remplacer les chevaux et les boeufs qui ne serviraient ainsi plus qu’à être mangés. L’homme créa les machines pour remplacer les insectes*, mais aussi pour remplacer les hommes. L’homme créa LE robot et LA machine. Parce que finalement, l’homme a été remplacé par les machines, au terme du siècle de l’industrialisation, la machine n’a plus besoin que d’un minimum d’intelligence humaine. Elle en a certes remplacé les capacités physiques, et les a même largement dépassées, mais elle a également remplacé une grande part de ses capacités psychiques. Ne nous leurrons pas, la machine aura toujours besoin de l’homme. L’informatique et la machine auront toujours besoin d’une petite quantité d’hommes différents, car ayant le pouvoir sur elle, et qui seront toujours leurs Dieux à eux. Pour autant, qu’en sera t’il des hommes pour lesquels les machines sont dores et déjà des dieux, à leurs yeux ?

En devenant progressivement le Robot servi par la Machine, l’humain se met au service des Dieux de la machine, ceux qui dominent le réseau informatique. Alors qu’il est de plus en plus difficile d’avoir soi-même un accès complet à toutes les informations qui nous concernent (comme par exemple un simple dossier médical), toutes ces informations seront prochainement centralisées et rassemblées. Elles constitueront ensemble une entité, un double informatique de chaque individu référencé. Ce double sera tout aussi contrôlable que pouvait l’être l’humain de chair emprisonné entre quatre murs. Il suffirait pour cela que l’argent soit dématérialisé, comme l’ont été les livres, les photos et la musique, pour que la boucle soit enfin bouclée. Il suffira alors d’enclencher un seul clic de souris pour éteindre définitivement l’existence d’une personne au sein d’un collectif informatisé et coupé de ses émotions. Plus d’accès à l’argent, plus de création possible.


L’argent est la chose qui nous pousse à tout accepter, et surtout à perdre nos repères et nos émotions. C’est pour l’argent que nous acceptons toujours le pouvoir de la machine, et que nous devenons des robots. Nous nous attachons à l’argent comme à une chose qui n’existe même plus, puisque créée par le code informatique. Lorsque nous sommes attachés à un prêt financier contracté sur un écran d’ordinateur, pouvons-nous penser que son équivalent or est extrait du sol de la terre ? Ou plus simplement, est-ce que son équivalent en monnaie est fabriqué ou identifié ? Non, il s’agit simplement d’une ligne de code informatique stipulant que quelque part sur le Monde, à telle heure et à telle date, Monsieur ou Madame X ont emprunté une somme d’argent qui n’existe pas, et qui va générer de l’argent qui lui, existe : les intérêts. La somme empruntée transitera par un chèque, mais elle n’est dores et déjà plus convertible en monnaie, puisqu’il est interdit de retirer de grosses sommes en espèces. L’argent est déjà sous l’emprise totale de l’informatique et de la machine, et seul résiste encore la monnaie physique, jusqu’au jour où le robot humain aura validé sa disparition. Ne pourront plus alors être créés que ce qui aura été accepté par le système informatique. Plus aucun terrain ne sera accessible qui n’aura pas été acheté selon les règles définies par la machine, plus aucune maison ne pourra être construite selon les critères imposés par la machine, plus aucune nourriture ne pourra être cultivée sans l’accord de la machine, et des règles injectées dans la machine par quelques hommes, qui se prennent pour des Dieux, et qui le deviennent.

Dématérialisation est un mot, qui révèle des maux. L’intelligence virtuelle n’est pas une conscience, la seule conscience qu’elle véhicule est celle de ceux qui la contrôlent. Derrière ce qu’elle devient se dessine uniquement le plan et la volonté de ceux qui l’organisent. Transférer dans la machine son entier pouvoir de décision, et donc de création, c’est dématérialiser ce que l’on est, c’est détacher la conscience du corps pour n’y laisser que l’inconscient décider. D’ailleurs cela nous est instillé, comme une vérité immuable, qu’il faut comprendre et accepter, car scientifiquement prouvée : l’inconscient a plus de pouvoir sur nous que le conscient… Délaisser délibérément les jouets en bois pour les jeux virtuels, le papier et le crayon pour la tablette, le calcul mental pour la calculette, la beauté du coeur pour la beauté du corps, ou la beauté de l’amour pour la brutalité du film X, tout cela s’appelle la dématérialisation de l’être incarné. Cela revient à renier l’âme et la joie qu’elle crée, au profit du rêve d’une joie que l’on ne trouve que dans l’illusion d’une possession quelconque, qu’elle soit technologique ou sentimentale, émotionnelle ou matérielle.

Est arrivé pour moi le moment de conclure ici cet article sur la bête informatique. Je laisserai la parole ici à Jean :


Apocalypse de Jean - Chapitre 13, versets 15-18 : « Il lui fut donné d'animer l'image de la bête, de sorte qu'elle ait même la parole et fasse mettre à mort quiconque n'adorerait pas l'image de la bête. À tous, petits et grands, riches et pauvres, hommes libres et esclaves, elle impose une marque sur la main droite ou sur le front. Et nul ne pourra acheter ou vendre, s'il ne porte la marque, le nom de la bête ou le chiffre de son nom. C'est le moment d'avoir du discernement : celui qui a de l'intelligence, qu'il interprète le chiffre de la bête, car c'est un chiffre d'homme : et son chiffre est six cent soixante-six. »


Aussi sûrement que l’homme a créé l’informatique et la machine qui lui est indissociable, les deux Steve (Jobs et Wosniak) ont créé Apple. Comme le souligne Pierre Jovanovic dans son livre 777, le tarif de lancement du premier Apple 1 était de 666,66 dollars. Cela n’était bien sûr que pur hasard selon l’article en référence**. De tous temps l’homme a cherché la vérité, et cela bien avant de chercher SA propre vérité. Il l’a un temps recherchée dans les livres, et certains fort heureusement continuent de la chercher dans le papier. Puis un jour il a pensé la trouver dans l’internet, cette merveilleuse création humaine qui s’est rapidement imposée comme la source de tous les connaissances, limitant ainsi par sa seule existence, tous les savoirs. Mais le web, c’est aussi le fake, les hoax, dont certains se sont fait les vaillants guerriers ou chasseurs, se croyant savants dans la révélation de ce qu’ils croient faux.


Il n’avait pas le web celui qui a écrit ceci : « C’est le moment d’avoir du discernement : celui qui a de l’intelligence, qu’il interprète le chiffre de la bête, car c’est un chiffre d’homme : et son chiffre est six cent soixante-six. » Lui, Jean, savait que la connaissance ne pouvait conduire au savoir sans l’intelligence et le discernement. Quand bien même on accèderait à ce savoir, reste à savoir ce que l’on a l’intention d’en faire… Certains hommes ont créé l’informatique pensant ainsi servir l’homme, mais d’autres ont indubitablement utilisé l’informatique pour asservir les hommes.


*http://www.scienceinfo.fr/google-developpe-un-mini-drone-pour-remplacer-les-abeilles/

** https://www.journaldugeek.com/2016/04/11/666-apple-1-1976-steve-wozniak-steve-job/

0 vue