Rechercher
  • Denis Mourizard

Effondrement

Nous vivons une période totalement inédite. Au moment où j'écris ces lignes, tout comme celui durant lequel vous me lisez, jamais aucun être humain n'a connu ce que nous vivons actuellement. J'aurais pu écrire "ce que nous connaissons aujourd'hui", mais je ne l'ai pas fait. Car connaissons-nous vraiment ce que nous vivons ?

Certains voient du complot absolument de partout. J'avoue qu'il y a moyen de tout relier à une sorte de monstre tentaculaire possiblement fomenté par quelques illuminés de haut grade. Il y a toujours moyen de faire des raccourcis, comme il y a toujours moyen d'accuser quelqu'un de tout et n'importe quoi, sans preuve aucune.

Bien que n'ayant pas vécu l'après 1945, j'ai lu. J'ai lu des choses bien crasses, faites par les français eux-mêmes, comme tondre les femmes qui avaient commis le crime de tomber amoureuse de soldats allemands. Je ne peux m'empêcher de penser à ce dont certains soldats allemands, enrôlés de force, devaient rêver à cette époque.

À choisir entre l'amour dans les bras d'une femme que l'on aime ou faire la guerre, qui choisirait la guerre ? Alors non, les choses ne sont pas aussi simples que l'amour entre deux êtres, et cela l'humanité nous l'a maintes fois démontré. Pourtant l'humanité a peu de mémoire, et les hommes oublient. Par exemple, ils ont oublié ce que signifie la tondeuse.


Dans un lointain passé, couper les cheveux d'un Roi mérovingien revenait à lui retirer toute forme de pouvoir et de reconnaissance. La chevelure a toujours été une forme de puissance, jusqu'à ce que les hommes l'oublient, sans vraiment l'oublier. D'ailleurs, perdus dans les croyances religieuses, les moines se sont bien fait tondre, dans leurs voeux de soumission.

Ce que nous vivons actuellement est un lent retour du passé, dans un présent que nous avons oublié de construire autrement. Si nous étions restés conscients, nous n'aurions pas à vivre cela, mais que vivons-nous ? L'effondrement réel de ce que nous appelons l'humanité. Je n'ai aucun autre rôle ici qu'offrir de le consistance à des idées. Ce ne sont que des idées.

L'idée que je me fais de l'humanité est celle-ci : une multitude d'individualités constituant un collectif individualisé dans un Univers dont nous ne savons finalement rien, en regard du potentiel qu'il cache. Je ne sais rien de vous, vous ne savez rien de moi, en tout cas nous ne savons rien d'autre que ce que nous acceptons de laisser paraître, l'humain est ainsi fait.

Une individualité est un être humain, une unité censée être consciente de ce qui la compose. Un individu est censé être autonome et indépendant, tant en pensées que dans les faits. 1000 individus autonomes et indépendants les uns des autres peuvent constituer un collectif fonctionnel et harmonieux, car ni les uns ni les autres ne seraient dépendants des uns ou des autres.


Nous vivons dans une humanité dans laquelle bien des sociétés se sont constituées, depuis des siècles, d'une façon qui a engendré des individus non unifiés et inconscients de ce qu'ils sont. Être autonome consiste à assurer soi-même ses besoins vitaux et fondamentaux. Être indépendant consiste à ne laisser son avenir dépendre de personne.


Dépendre de quelqu'un, c'est comme dépendre d'un groupe de personnes. La dépendance provient de la peur et bien souvent des nombreux fantasmes liés à la peur. Privé de discernement logique, les individualités deviennent des égoïsmes déguisés. La peur conduit à se laisser protéger, surtout par ceux qui prétendent savoir où est le danger que l'on ne voit pas.

Nous vivons le siècle de la peur, de la noirceur, du sombre, et cela nous conduit à l'effondrement. Nous sombrons dans nos peurs imaginaires, tel que l'humanité a déjà maintes et maintes fois vécu cela. Après le siècle des lumières est venu celui des peurs multiples. La peur est une impulsion de préservation de la vie, mais privée de discernement, elle tue.

Chronologiquement : peur des pays voisins, peur de la guerre, peur du chômage, peur du sida, peur des escrocs, peur des maladies, peur du camp d'en face, peur de l'échec, peur du réfrigérateur vide, peur de soi, peur de l'autre, peur du passé, peur du présent, peur du futur, peur d'avoir peur, peur de ne plus avoir peur, peur de perdre, peur de ne pas gagner, peur de gagner…


Peur des sectes, peur des musulmans, peur des juifs, peur des cathos, peur des religions, peur du Yoga, peur de méditer, peur de réfléchir, peur d'être inspiré(e) ou aspiré(e), peur d'avoir tord, peur d'être jugé(e), peur d'être différent(e), peur de ne pas être, peur de faire du mal, peur d'avoir mal, peur d'être déçu(e), peur de croire, peur de savoir, peur de voir…

La peur est partout, favorisée par des médias qui jouent simplement leur rôle de médiateurs. Peur des médias… qui nous conduit à croire tout ce qui ne vient pas d'eux, du moins les officiels. La peur conduit à se défendre, et donc à combattre, alors que nul ne nous oblige véritablement à lire, regarder ou écouter autre chose que ce que nous décidons par nous-mêmes…

Être souverain, c'est décider, mais décider quoi ? Décider d'être gilet jaune ou collabo ? Décider d'être anti ou pro ? Décider de vivre ou d'avoir peur de mourir ? Décider de faire ou ne pas faire, pour garder son travail, pour garder son argent, pour vivre dans la peur de perdre tout pouvoir sur soi, ou peut-être sur sa vie ? Décider qu'il faut absolument décider, ou réfléchir ?

Réfléchir à quoi ? Réfléchir à comment s'en sortir ? Réfléchir au pourquoi ? Réfléchir à l'existence, où plutôt à la croyance en l'existence ? Réfléchir en la prédominance de l'être ou de l'avoir ? Réfléchir où se situe la limite de la perte de l'avoir, pour être ? Réfléchir à ce que l'on est, à qui on est ? Réfléchir à ce que l'on veut, la vie où l'avoir ?

L'humanité a tellement réfléchit, qu'au 20 ème siècle elle a décidé d'industrialiser la réflexion. Elle a créé le web, qui est devenu la connaissance du monde. L'humanité évoluée a abandonné l'esprit créatif au profit de l'esprit combatif. La connaissance est devenue source de discordance, en même temps qu'elle a cessée de s'appuyer sur la réalité observée.

La connaissance était auparavant transmise, d'humain à humain, par la voix uniquement. Nul ne s'est jamais posé la question suivante ? Pourquoi Jésus Christ que l'humanité toute entière considère comme un des grands sages de ce monde n'a laissé aucun écrit ? Était-il illettré ? Cette question n'est pas si inutile qu'elle n'y paraît de prime abord.

La connaissance est si vaste en ce monde qu'elle est inaccessible à chacun de nous. Est-il besoin de tout connaître pour bien vivre ? Qu'est-ce que bien vivre ? Oui, nous y voilà : Le combat exclusivement humain avec Dieu, seul miroir capable de refléter à l'homme ses innombrables limites. L'homme a su pourtant, qu'il était limité, alors il a biaisé.

L'homme a créé l'enseignement, bien différent de l'instruction. L'enseignement, du genre masculin, un enseignement parmi tant d'autres, car il y en a tant de disponibles. Pour dessiner une simple ligne droite, nous pourrions apprendre à le faire de deux façons différentes, et ensuite nous battre pour déterminer quelle est la meilleure des deux.

L'instruction nous aurait éviter de réfléchir là où la réflexion est totalement inutile, pour laisser la place à, non pas la meilleure façon de tirer une ligne droite, mais quoi en faire ? Il y a un nombre incalculable de choses que l'on peut faire avec une ligne droite, n'est-ce pas ? Pythagore aurait, parait-il, changé le monde avec des lignes droites. L'humanité, elle, s'est coupée en deux avec.

L'humanité s'est bien coupée en deux, et pouvait-il en être autrement, tellement que les individus se sont eux-mêmes coupés en deux. À préférer créer sa vie en s'offrant l'illusion d'être reconnu de l'extérieur, on en oublie les fondements de l'essentiel, qui est à l'intérieur. Même les rishis hindous, soi-disant sages parmi les sages, ont fait preuve de séparatisme entre eux.


Où que nous soyons sur la planète, nous y trouverons des pros et des antis, conditions sur lesquelles grandissent les nantis. Parce qu'il faut faire un choix, autant faire le choix du plus grand nombre, parce que selon la loi des probabilités, il y a peu de chances de se tromper. Ainsi les romains ont pensé conquérir le Monde, comme tant d'autres avant et après eux.


Alors aujourd'hui, c'est l'humanité du "Soit tu es avec moi, soit tu es contre moi, et si tu es contre moi, tu es un danger potentiel dont il va falloir que je me préserve. Pourquoi attendre que tu me crées des problèmes si je peux m'en prémunir ? Commençons par dresser les frontières qui nous séparent, par la suite on pourra discuter, si tu acceptes d'être avec moi."

À ce jour, nous vivons l'effondrement de ce système binaire de pensées. L'homme s'est privé lui-même d'une partie essentielle de lui-même : son âme, qui est la seule à pouvoir garantir l'équilibre d'une vie heureuse. On ne peut vivre heureux enfermé dans ses pensées, et encore moins dans celles des autres. La vie est tellement plus simple que cela.

De nos jours, et ce depuis bientôt deux ans, nous vivons dans la peur d'une hypothétique mort que nous ne voyons pas plus qu'à l'accoutumée. Il y a évidemment des décès, mais il y a aussi ceux qui croient savoir, d'un côté comme de l'autre, chez les pros peur ou les anti peur. Tout cela dans un immense système de pensée binaire où chacun, sans s'en rendre compte, est libre.

Oui, si tout le monde n'est pas libre de la même façon, tout le monde est au moins libre sur un point commun à tous : décider en soi plutôt que par l'autre. Décider de faire ou ne pas faire ce qui est seulement décidé par les autres pour eux-mêmes, plutôt que par soi-même pour soi-même. Nous vivons bien une période inédite qu'aucun esprit unifié ne peut voir.

Ce que beaucoup ne voient pas c'est la criante réalité du choix. Pour la première fois de son histoire, l'humanité est face au choix de ses presque huit milliards d'individualités. Chacun doit décider en son âme et consciences du choix qu'il fait. C'est difficile de faire ce choix en son âme et consciences, alors je vous laisse imaginer quand on a abandonné son âme.


Dans ceux qui ont accepté le vaccin, il y a l'extrême : les "pros", défenseurs du droit d'eux-mêmes et mus par la peur fantasmagorique de l'autre. Leur arme est la culpabilisation par le devoir envers le collectif qui leur ressemble, uniquement. À ce jour ce sont eux qui attaquent. Puis il y a les moins extrêmes, qui plient dans leur conscience aux faveurs de ce qu'ils pensent juste.


Dans ceux qui le refusent, il y a l'extrême : les "anti", défenseurs du droit d'eux-mêmes et mus par la peur fantasmagorique de l'autre. Leur arme est la culpabilisation par le droit individuel, qui les conduit à se rassembler en collectifs d'individus qui se ressemblent, pour se défendre. Puis il y a les moins extrêmes, qui attendent d'être contraints de plier face à l'obligation d'état.

À l'issue de ce gigantesque affrontement, il restera ce qui doit rester, et ce qui doit rester n'est pas décidé par l'homme, car chaque homme n'est que de passage. La nature n'a jamais aimé les déséquilibres, et même les plus grandes maladies qu'a pu subir l'humanité dans son passé en ont fait les frais. Tout excès conduit à son contraire, et si c'est ainsi, c'est juste.

Chacun fait actuellement son choix, un choix qui devrait logiquement se faire en toutes consciences, plutôt que sur les cendres d'une connaissance privée à sa Source de toute capacité de discernement. L'éclairage de la réalité se fait sous la lumière de la vérité, une vérité qui aujourd'hui est devenue le mensonge assumé. Sans discernement, point de lumière !

Là est ce que nous vivons : le choix de chacun de créer le monde qu'il veut. Le grand défi n'est pas une question de Corona, mais de couronne. Le choix ne se résume pas à un pass, qui est pourtant un point de passage obligé pour stimuler la manifestation du choix de chacun. Le choix ne se résume pas à une piqure de plus, mais à bien plus que ça, le terme échu qui nous échoie.

25 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout